



Au bout de la Frontière : des Américano-mexicains à Saint-Denis
En avril dernier, une classe d’un lycée de Saint Denis était partie à la rencontre de la frontière américano-mexicaine. Un voyage organisé à l’initiative de quelques professeurs, dont l’un d’entre eux est aussi photographe, Nicolas Urlacher. L’occasion de former les élèves à la photo et au journalisme, en même temps que de les initier à une problématique historique fondamentale : la frontière. Un sujet sensible et pas étranger à ces adolescents de « cité ». Huit mois après leur retour, le voyage se dévoile, en quelques clichés choisis.
« Ce voyage est l’aboutissement d’un projet pédagogique mené avec des élèves de 1ère durant l’année scolaire 2007-2008, année pendant laquelle ils ont reçu des intervenants (universitaires, photographes, immigrés mexicains) qui sont venus leur parler des différentes problématiques des frontières en général et de la frontière américano-mexicaine en particulier. Le phénomène des migrations, si important à l’heure actuelle, prenait chez nos élèves de banlieue un sens tout particulier. Nous avons donc travaillé ce thème toute l’année et bâti ce voyage autour de cette interface majeure de l’espace mondial que symbolise la frontière américano-mexicaine », expliquent les professeurs.
Ils ont donc arraché quelques lycéens de Saint-Denis à leur quotidien pour les dépayser un peu : arrivés à la frontière, entre San Diego et Tijuana, les adolescents entrent en contact avec divers acteurs de la région. D’abord des responsables d’associations d’aide aux immigrés, et en particulier Enrique Morones (fondateur des Border’s Angels) qui les accompagne, quand ils vont déposer des bidons d’eau salutaires aux clandestins perdus dans le désert. Puis des migrants, clandestins ou non : les adolescents sont à l’écoute de leurs récits de vie.
Très vite, sous la houlette des profs, des équipes de journalistes rédacteurs et de photographes se forment. Quotidiennement, les photojournalistes en herbe alimentent leur blog (http://au-bout-de-la-frontiere.over-blog.com) en même temps qu’ils mènent quelques partenariats médiatiques : avec Le Parisien, Le Journal de Saint-Denis et France Inter. Accessoirement, ils interviennent plusieurs fois en direct depuis les Etats-Unis et le Mexique dans « Allô La Planète ».
De ces rencontres avec des femmes syndicalistes, qui luttent au sein des maquiladoras pour leur dignité et leurs droits, de leur participation à la grande fête communautaire des « Chicanos » de San Diego, les grands enfants, et le photographe Nicolas Urlacher, ont rapporté des images. Sociales ? Sans aucun doute témoignent-elles de ces rencontres avec des travailleurs sociaux des bidonvilles de Tijuana, ou avec la communauté mexicaine de San Diego, reste qu’elles sont souvent un pur instant de photographie, une poésie volée au lieu. Miroirs d’un simple moment intime, ou témoins de bouleversements profonds, certains clichés, peut-être, ont éveillé des vocations. L’année dernière, c’était l’Irlande du Nord qui était l’occasion de réfléchir concrètement au thème « Vivre après un conflit ». L’an prochain « Ensemble mais différents » mènera une classe à réfléchir au sujet jusqu’en Afrique du Sud. Pour l’heure, et jusqu’au 9 janvier 2009, la Bibliothèque universitaire Paris 8 de Saint Denis ouvre ses portes aux enfants de migrants de Tijuana, aux lycéens américains et mexicains, et au désert. Reste à savoir si les Parisiens traverseront la frontière…
A noter…
« Au bout de la Frontière » Du mercredi 17 décembre au 9 janvier 2009 Bibliothèque de l'Université Paris 8 2 rue de la Liberté 93526 Saint-Denis
Auteur : C.C. pour CultureCie.com

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