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Emilie Louise, chanteuse « sur un fil »
Emilie Louise, chanteuse « sur un fil »
Dans la famille des « Emilie » chanteuses (Loizeau, Simon…), la rousse Emilie Louise est la petite dernière. Depuis l’automne, ce bout de femme tout juste trentenaire sillonne terrasses et troquets parisiens à la conquête de son public, armée d’une guitare, d’un ukulélé et d’une jolie voix aux accents folk rock. Egalement comédienne, danseuse et diplômée de biologie (!) elle nous raconte un peu de son univers et les vertiges de ses débuts…

Propos recueillis par Géraldine Grand Colas

Emilie Louise, pourquoi « Emilie Louise » ?

Quand j’avais encore la fameuse carte 12-25 de la SNCF, j’ai voulu faire mon dernier renouvellement par téléphone. Le type au bout du fil tape mon prénom et mon nom de famille et tous les ordinateurs s’éteignent ! Au deuxième essai, tout s’éteint à nouveau… Il n’avait jamais vu ça ! Je vais donc directement à la gare, un 15 août…. Après 4 heures d’attente, j’arrive enfin au guichet. Là, l’agent tape mon nom et « bim », tout s’éteint encore une fois ! Le train allait partir. L’agent me propose donc de biaiser le système informatique en ajoutant mon 2ème prénom. Comme je n’en ai pas, il me propose : « Louise ». C’est comme ça que je suis née une seconde fois !


Depuis quand fais-tu de la musique ?

En fait, j’ai d’abord eu un vrai coup de foudre pour la scène. Petite, je faisais de la danse classique. Puis j’ai commencé le théâtre à la fac de bio. Après ma maîtrise, je me suis inscrite dans une école de théâtre et c’est là, dans le cadre d’ateliers, que je me suis mise à travailler le chant…


Et la biologie dans tout ça ?

Ce qui me plaisait dans la biologie, c’était l’éthologie : l’étude des comportements. Finalement, je n’en suis pas si loin avec mes chroniques comportementales en musique…


Quels sont tes premiers souvenirs musicaux ?

J’en ai des tas ! A la maison, mon père et mon frère jouaient de la guitare. Et puis chez moi, c’est un peu « on connaît la chanson ». Je me rappelle des trajets en voiture pour aller en vacances. C’était l’époque des K7 et mon père préparait une tonne de boîtiers, avec des compiles, etc. Je me souviens regarder les étoiles par la fenêtre avec Pink Floyd dans les oreilles. C’est une musique d’enfance que j’ai réécoutée adulte et c’est à ce moment-là que j’ai compris à quel point c’était dense, inventif et fort. A cette époque, j’écoutais aussi beaucoup les Beatles, les Stones, etc. C’est aussi pour cela que je suis revenue à l’écriture en anglais. Cette langue est tellement agréable à chanter, elle groove ! Un de mes défis, c’est un peu de retrouver cela avec la langue française, en donnant la priorité à la musique, tout en travaillant les mots comme de la pâte à modeler.


Ecris-tu depuis longtemps ?

Oui. En fait, j’ai toujours beaucoup écrit. Je dois avoir 15 000 romans et 12 000 essais inachevés… Mais j’ai commencé à écrire des chansons il y a seulement deux ans et demi. Ça me convenait mieux que les romans parce qu’à la fin de chaque chanson, j’avais la satisfaction de terminer un petit chantier.


De quoi parlent tes chansons ?

Pendant longtemps, les hommes ont été une source d’inspiration inépuisable... Depuis peu, j’ai quand même décidé de moins parler d’eux. Disons que j’aborde « la chose » amoureuse de manière moins pessimiste… Pour l'instant, je me rends compte que je suis souvent dans l'intime, même quand je ne parle pas d'amour, et c'est ça qui me semble le plus juste à cette étape de ma vie.


Y a-t-il d’autres choses qui t’inspirent ?

Je ne sais pas de quoi naît une chanson, si c’est d’une situation, d’une émotion, des fois où je suis avec ma guitare et où je compose. C’est comme le travail de comédien : quand on interprète quelque chose, on sait à quel étage ça se situe, le cerveau, le cœur, le ventre, le sexe… La plupart du temps, ça se joue quand même sur les émotions et les sensations.


Des chanteurs ou des groupes de référence ?

Quand j’écoute ma musique, je ne pense pas avoir de références directes. Ce sont les gens qui me disent à quoi ça leur fait penser, et Moriarty, Cocorosie ou Kate Bush reviennent souvent… Personnellement, ça me va très bien !


Y a-t-il quand même un « genre » musical auquel tu t’identifies ?

Je ne me suis jamais dit : « je veux faire tel genre de musique ». Les choses viennent naturellement et je les arrange. Je me rends simplement compte du son que je veux avoir et c’est de plus en plus rock. En ce moment je travaille avec un guitariste professionnel et on fait de nouveaux arrangements dans ce sens. Il y aura d’ailleurs une guitare électrique dès les prochains concerts…


Beaucoup de musiciens tentent de faire carrière, mais il y a très peu d’élus. Quelle est ton originalité, selon toi ?

Je ne m’impose pas une voie, je consens à chercher. J’ai conscience que, par manque de technique, il y a des choses dans mes chansons qui relèvent de la maladresse. Mais certains musiciens me disent : « C’est super cette idée ! Comment tu l’as eue ? ». En fait, je m’amusais sur ma guitare et voilà, c’est arrivé ! Tout en continuant à apprendre, j’ai envie de garder cette fraîcheur-là.


Quelles sont tes ambitions pour les mois à venir ?

Finir d’enregistrer une maquette plus élaborée pour démarcher de vraies salles de concert et, si possible, y jouer régulièrement. J’ai très envie de faire un album – je suis d’ailleurs inscrite sur la plateforme de production en ligne Aka Music (l’équivalent de My Major) - mais ma priorité reste la scène. Je n’envisage pas de figer les choses sans les avoir fait vivre devant un public auparavant. C’est comme au théâtre, ça doit se passer « ici et maintenant ». C’est cette espèce de vérité de l’instant qui fait qu’on recherche et qu’on réinvente les choses. Quand on travaille - avec mon guitariste - on a des balises, des repères, mais le jeu varie en fonction de la voix et vice-versa. J’aime bien le sentiment d’être « sur un fil », en improvisation permanente.


A noter...

Prochain concert le Mercredi 14 avril au Beau Lounge à 20h30
37 rue de Poitou 75003 Paris (métro Filles du Calvaire ou Saint Sébastien Froissart). Entrée libre PAF libre
Retrouvez Emilie Louise sur www.myspace.com/emilielouisemusic & http://fr.akamusic.com/emilielouise

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Le 14-04-10 - 00:25

Auteur : Propos recueillis par Géraldine Grand Colas pour CultureCie.com

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