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« Black Passport » de Stanley Greene : une introspection photographique
En ce mois de novembre où la photo est reine, les éditions Textuel publient un très bel ouvrage : « Black Passport », le journal intime imagé du photographe et reporter Stanley Greene.
Par Anne-Laure Bovéron
« Couvrir une guerre est une forme de protestation personnelle. Mes appareils photo sont pour moi les armes avec lesquelles je me bats pour faire mon devoir. »
Récompensé par trois World Press, membre de l’Agence Vu dès 1991, célébré pour son travail de dix années auprès du peuple tchétchène, le reporter a fait des douleurs du monde sa cause et ne se lasse pas d’en témoigner. Si dans « Black Passport » des photos réalisées lors de conflits en Tchétchénie, en Irak, en Afghanistan ou encore au Rwanda sont visibles, ce « soldat de fortune, ce samouraï perdu » ouvre également les portes de son intimité. A 60 ans, Staney Greene a souhaité retracer son œuvre, réunir ce qui constitue son univers à travers 250 clichés et quelques récits télégraphiques.
Pour ce faire, il a intercalé dans sa sélection des images d’autres reportages, dont certains furent réalisés à ses débuts, dans le domaine de la mode, ou d’autres plus récents liés au passage de l’ouragan Katrina en Nouvelle-Orléans (dont les fidèles lecteurs ou visiteurs de Polka ont pu voir des extraits il y a un an). Parmi les images retenues celles de son road trip au Mexique ou encore une plongée dans le trafic de drogue à Porto-Rico, et surtout des clichés plus personnels. De son expérience en tant que « fille au pair » à Paris à la fin des années 1980 à son regard sur la chute du mur de Berlin, de ses diverses découvertes et autres séjours dans la capitale française où passent ses conquêtes amoureuses, jusqu’à sa poignée de clichés couleur, les portes s’ouvrent sur un couloir sans fin : celui d’un regard, d’homme, posé sur le monde.
Suivant un parcours chronologique (de 1975 à 2008) le photographe new-yorkais esquisse donc un autre aspect de sa pratique photographique, partage sa passion pour son métier, son amour des rencontres mais aussi ses doutes, professionnels ou privés. Et pudiquement Stanley Greene dévoile les traumatismes qui ont découlé de ces années, passées à rendre visible la violence humaine. Par ses images bien sûr, ses planches contacts, ses annotations et commentaires, Greene donne à comprendre sa conception de la photographie, son cheminement dans cette voie.
Cette publication habillée de noir, format passeport (mais agrandi à 170 x 225 mm), est incontestablement un superbe objet, porteur de réelles émotions photographiques et humaines, révélant la singularité irréductible de ce très grand photojournaliste.
 Au-delà des images…
Rencontrer Stanley Greene, samedi 21 novembre, à 18h, dans les murs de la librairie « La Manœuvre », 58, rue de la Roquette, Paris 11e.
A noter…
« Black Passport » de Stanley Greene. Publié en coédition Textuel / Mets & Schilt. En librairie depuis le 12 novembre 2009. 288 pages, 250 illustrations, 45 € 41€ sur Amazon en partenariat avec CultureCie
Quelques images du photographe sur le site de l’agence qu’il a cofondé en 2007, Noor : www.noorimages.com/index.php?id=258
Auteur : Anne-Laure Bovéron pour CultureCie.com

 
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