

 
« La Chimie de l’amour » ou le nez des sentiments
Pas très poétique, de vous parler de chimie dès lors qu’on aura prononcé le mot amour ? Détrompez vous ! Ce livre est un petit bijou d’histoires évidentes, incroyables ou oubliées. Telle la madeleine de Proust ! Dans l’objectif l’amour certes, et avec lui le désir, l’attirance ou la haine et… leur odeur surtout. Car si l’argent n’en a pas, les émotions, elles, ont bien du nez…
Simple, ludique et entraînant, « La Chimie de l’amour » est une drôle d’histoire. Celle de l’odeur des sentiments, figurez-vous. Tissé de références littéraires et quotidiennes s’inspirant de Madame de Pompadour comme de Chanel n°5, le livre rend compte avec une étonnante limpidité des toutes récentes découvertes en matière d’odeurs humaines… il s’agit donc de la place du nez dans nos émotions.
C’est sûr, les sentiments ont une odeur. Une odeur… c’est hormonal d’abord : des peaux s’attirent et c’est comme ça, quant à votre voisin que vous ne « pouvez pas sentir » alors que vous ne lui avez jamais adressé la parole… et bien ce n’est pas une question de préjugés mais juste une question de flair. Un flair qui tient une place clé dans notre « cerveau émotionnel ». On parlera certes de gènes et de cerveau dans « La Chimie de l’amour », mais l’odeur n’est pas sans transiter par l’imaginaire.
Vous n’y croyez pas ? Souvenez-vous de « Fast Food nation », le best-seller d’ Eric Schlosser qui décortiquait les laboratoires des Mc Donald’s : les odeurs ont une empreinte éternelle sur nos émotions, au point que les effluves d’un Happy Meal évoquera à jamais ce plaisir d’enfant, ce moment de détente, ce cadeau ou cet interdit. Süskind en a fait un éternel best-seller et les fast-foods en usent et en abusent. Proust est contemporain d’un autre âge de la science et pourtant il a fait d’une madeleine un épisode mythique que l’on regarde aujourd’hui comme une réminiscence freudienne…
Voilà l’animal politique et rationnel bien ébranlé par les dernières découvertes scientifiques contées avec simplicité par un professeur de biologie (Hanns Hatt) et une journaliste scientifique (Regine Dee). Puisant dans la science et dans l’histoire de la philosophie comme dans les légendaires « James Bond », les auteurs livrent un précis synthétique qui ressemblerait presque à un polar. Mêlant avec brio anthropologie, neurosciences et enquête historique, ils nous embarquent sans mal dans un livre… à humer sans modération !
A noter…
« La Chimie de l’amour - Quand les sentiments ont une odeur » Hanns Hatt et Regine Dee Traduit de l’allemand par Caroline Lee Paru le 23 avril 2009 CNRS Editions 20€ / Commander le livre sur Amazon
Auteur : Axelle Emden pour CultureCie.com




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