


"Notre Corps ne ment jamais" d'Alice Miller
Nausées, maux de tête, dos douloureux ou crises d'asthme à répétition sont des maux physiques qui sont rarement sans lien avec nos âmes. A travers de nombreux exemples tirés de récits de thérapies ou de vécus de célébrités aussi diverses que Schiller, Kafka, Proust, Joyce ou Nietzsche, Alice Miller tente d'expliquer que le corps dit souvent ce que nos têtes refusent d'accepter.
"Le corps sait ce que la morale ignore", tel est ce que la psychanalyste allemande illustre tout au long de son livre. Mais bien d'autres thèmes sont apparentés à ce phénomène: prise de drogue, pression sociale, suicide, maltraitance... Un thème passionnant, bon prétexte pour apprendre ce que l'on ignorait souvent de toutes les figures célèbres dont Miller s'inspire pour étayer ses propos. Un livre clair et bien mené... Comme toujours avec Alice Miller, le style est fluide, les exemples sont nombreux et la psychanalyse est plus accessible que jamais.
Quelques citations...
"La cécité émotionnelle constitue un luxe extrêmement coûteux et souvent autodestructeur."
"Lorsqu'un être humain essaie de ressentir ce qu'il doit ressentir, et s'interdit d'éprouver ce qu'il ressent réellement, il tombe malade."
"Notre corps conserve en mémoire tout ce que nous avons vécu."
"La paix à laquelle tant d'êtres humains aspirent ne peut nous être donnée de l'extérieur."
"Les émotions vécues ne durent pas éternellement. (...) Elles ne se fixent dans le corps que lorsqu'elles sont bannies."
"Quand j'appelle maltraitance ces blessures invisibles, je trouve le plus souvent en face de moi résistance et indignation ouverte."
Extraits choisis...
"La perversion a ses racines dans l'enfance (...). Il est faux de dire que, comme le prétendent certains "experts", nous abritons tous en nous la "bête". Elle n'est pas inhérente à notre condition humaine. Elle apparaît et se développe après la naissance."
"Un amour imposé n'est pas de l'amour: cela conduit tout au plus à faire "comme si", à des rapports sans vraie communication, à un simulacre d'affection chargé de camoufler la rancune, voire la haine. Un tel amour n'aboutira jamais à une vraie rencontre."
"Même si les émotions réprimées arrivent à remonter à la surface, elles auront du mal à disputer la place aux mécanismes précocement acquis. C'est qu'ils ont servi tellement longtemps à minimiser la douleur. Ne plus y avoir recours, c'est comme nager contre le courant; non seulement cela fait peur, mais cela fait naître aussi des sentiments d'isolement. On s'expose au reproche d'apitoiement larmoyant sur soi-même. Or c'est pourtant ici que commence le chemin qui mène à la maturité."
A noter...
"Notre Corps ne ment jamais" d'Alice Miller Traduit par Léa Marcou
Paru le 10 septembre 2004 Chez Flammarion 203 pages 17€
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Liens:
www.alice-miller.com/index_fr.php
Auteur : Axelle Emden pour CultureCie.com




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