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Les murmures d'Aznavour
Il est un monument de la chanson française, et c’est pourtant d’abord en tant qu’acteur qu’il a embrassé son métier de scène. Alors que paraissait son nouvel album le 30 novembre dernier où, avec the Clayton & Hamilton Jazz Orchestra, il rend hommage à ce que ses aînés d’antan appelaient de la « musique de sauvage », Charles Aznavour nous livrait un peu de lui dans « A voix basse ».
Par Axelle Emden
Il n’aime pas les donneurs de leçons, nous dit-il, et n’aimerait pas semble-t-il, endosser la peau du « vieux con ». Il n’est pas un homme de culture (« ça se saurait ! » ironise-t-il) mais bien un homme de scène. Il a quatre-vingt cinq ans, s’est tu souvent, et fort de son expérience il nous parle de lui. Un peu.
Du silence à la « voix basse »
Pas d’anecdotes ici, que les fans des magazines « people » s’arracheraient, la pudeur toujours, et des mémoires en formes de leçons de vie, des grands thèmes abordés simplement, sans prétention, comme pour livrer une autre face de cette « voix », celle que l’on ne connaissait pas vraiment.
« Cette prostitution verbale et physique, cette vulgarité moderne, cette bêtise revêtue des oripeaux de la tchatche et d’une pseudo-intelligence, elle plaît aux imbéciles et aux vendeurs de vent, qui comptabilisent un audimat dont la progression forme l’essentiel de l’existence. Est-ce dont vraiment cela que recherchent les jeunes gens qui prétendent à l’art ? Non, je ne veux pas le croire. »
Car oui, il s’est tu souvent, Aznavour. Par peur de dire des bêtises d’abord, pour ne pas entretenir le cercle vicieux de la starisation médiatique ensuite. Une médiatisation dans laquelle on demande au chanteur de statuer sur des problèmes politiques, dans laquelle on questionne l’acteur sur ce qui lui échappe… une évidence à laquelle les téléspectateurs assistent tous les jours. Une starisation dont il a fait les frais d’ailleurs, un peu. Les rumeurs ? Elles se sont éteintes toutes seules, nous dit-il, parsemant son éloge d’un certain silence et avouant que le véritable mal était ailleurs : ne plus savoir pourquoi les gens remplissent les salles. Se demander si c’est la faute à la notoriété, « grâce » aux magazines people ou pour ce que l’on écrit, ce que l’on fait et ce que l’on chante… ce que l’on est en somme.
Classique, tellement classique
Revenir sur sa carrière c’est parler du succès, dresser le tableau connu des proches mis à l’épreuve, des pique-assiettes qui s’empressent, de la reconnaissance toujours tardive, des journalistes peu sympathiques – et c’est peu dire. Des choses déjà vues, déjà connues ou déjà entendues, c’est sûr, les mémoires et les biographies se ressemblent, de La Callas à Audrey Hepburn en passant par Barbara, les mêmes mécanismes sont à l’œuvre, les mêmes solitudes, les mêmes erreurs, les mêmes incompréhensions. D’aucuns pourront dire qu’il s’agit là de conversations de comptoir ou d’évidences entendues. Mais pourtant ça continue, le temps passe et les stars changent mais les mêmes obstacles, les mêmes pièges les attendent. Alors non, ce n’est peut-être pas vain de les aborder, ces sujets, d’autant que les lecteurs d’Aznavour ne seront pas forcément ceux des sociologues ou des philosophes, et d’ailleurs, derrière ces grands thèmes somme-toute assez classiques, on retrouve aussi ceux des vieux sages – Socrate n’abordait-il pas des thèmes tout aussi simples dans les dialogues de Platon ?
« Je voudrais tant me créer des printemps, vivre cette saison que je n’ai pour ainsi dire pas connue, trop occupé à me bâtir une situation au lieu d’une vie. »
Aznavour livre un regard lucide sur son parcours comme sur les réalités qui nous entourent, sur ses débuts et ses doutes, ses contraintes et ses buts. Mais aussi sur les médias et la starisation d’aujourd’hui, sur les « nouvelles » stars et autres « Star Academy », rappelant que Piaf n’avait pas de professeur, ironisant sur la nécessité d’un « cours de casting » pour réussir de pareilles épreuves (et n’est-ce pas là le propre des meilleures « prépas » aux examens et aux concours, d’être des « cours de casting » !?), soulignant au passage sa curiosité et son appui eu égard aux jeunesses d’aujourd’hui. D’ailleurs, c’est avant tout à elle qu’il semble s’adresser, à cette relève qu’il regarde éclore non sans une certaine tendresse, l’encourageant en filigrane à reprendre les standards français d’hier, faisant l’éloge de ceux qui l’ont inspiré, rappelant que l’on invente jamais rien, que l’on tente seulement de devenir soi-même. Un livre simple et fluide qui sans être passionnant remet les pendules à l’heure : le fil rouge de cette « voix basse », comme nombre de mémoires d’immenses artistes, n’est autre que l’espoir, l’amour d’un métier qui ne va pas sans celui du public. En somme la confiance, le travail et la curiosité.
A noter…
Charles Aznavour, « A Voix basse » Récit Don Quichotte Editions Paru le 22 octobre 2009, 17€
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Auteur : A.E. pour CultureCie.com

« Bye Bye Cellphone »… Hello 1973 !
Au printemps 2009, 1973 sortait un EP éponyme qui sentait bon la pop sucrée des sixties et la fraîcheur salée des embruns californiens. Tout juste un an après, les trois parisiens ressortent leurs guitares 12 cordes, banjo, piano, mellotron, synthés-jouets et autres boîtes à rythmes pour un premier album intitulé « Bye Bye Cellphone », dans les bacs ce 7 juin. Entre une blé noir basquaise et une froment au chocolat, le chanteur et parolier Nicolas Frank nous parle de l’ambiance de cet album et d




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