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« Quitter le monde », le dernier roman doux-amer de Douglas Kennedy
Douglas Kennedy, qui  vécut trente ans entre Berlin, Paris et Londres avant de s’établir récemment dans le Maine, se consacre exclusivement à l’écriture romanesque depuis 1983.
L’auteur new-yorkais Douglas Kennedy fait parler de lui à chacune de ses parutions. Avec son nouvel opus « Quitter le monde » ce n’est pas volé ! Entre drame psychologique et familial, road-movie, réflexions philosophiques et thriller, ce roman intimiste envoûte.

L’esquisse…

Parfois, une simple phrase peut faire basculer une vie. Jane Howard l’apprendra à ses dépends, le jour de son treizième anniversaire. En exprimant le fond de sa pensée face à une nouvelle dispute de ses parents, elle ne soupçonnait pas la lâcheté de son père, qui se servira de sa remarque pour prendre la fuite. Pas plus que celle de sa mère, qui lui reprochera toute sa vie cette malheureuse phrase au lieu de retourner sa colère contre son époux.
Dès lors Jane doit faire face. Et la vie ne la gâtera guère. Dans la litanie du quotidien se glisse le désordre, la cacophonie, la violence des drames. Jane devra lutter, se laisser approcher par le hasard et oser se faire confiance pour résister à l’appel de l’abandon, à son impérieux désir de quitter le monde lorsque le sort aura frappé une fois de trop sur sa fragile existence.
En mêlant tragédie, peinture sociale d’une Amérique à plusieurs vitesses, intrigue policière et fins raisonnements sur la condition humaine, Douglas Kennedy signe son roman le plus abouti.

La critique [amourachée] d’A-Laure B.

Douglas Kennedy, qui  vécut trente ans entre Berlin, Paris et Londres avant de s’établir récemment dans le Maine, se consacre exclusivement à l’écriture romanesque depuis 1983. A ce jour, il a publié dix romans. De publication en publication, l’écrivain a su conquérir un lectorat international de plus en plus important par son sens affiné de l’observation de notre époque et de l’être humain.

Lorsque François Lestavel, journaliste à Paris Match, lui demande quelle est sa définition de la bonne littérature (interview du 07 mai 2009), Kennedy répond ainsi : « C’est quand je reçois une lettre de lectrice qui me dit : “Monsieur Kennedy, j’ai lu votre roman et j’ai compris que je n’étais pas seule.” Pour moi, c’est ça, la vraie littérature. Si on peut faire des connexions ¬humaines, si on comprend ses déceptions, ses contradictions, ses paradoxes, sa famille bordélique ou son mari en lisant un de mes livres, alors j’ai fait du bon boulot. » Nul doute qu’avec son dernier roman paru « Quitter le monde » l’auteur recevra de nombreuses lettres du genre, tant Jane Howard, véritable héroïne au sens littéraire, touche. Elle pourrait être une sœur, une amie, une fille. Elle n’en est que plus attachante. A elle seule, Jane porte le livre écrit à la première personne. Elle ouvre le roman à treize ans et le clôt à plus de trente ans. Elle se débat tant et plus, coule, se relève presque par devers elle, souhaite vivre, mourir, vivre, doute, tente, tombe... Plus que de papier, Jane est faite d’épaisseur humaine.

Le point de départ de « Quitter le monde », c’est le constat de la fragilité de l’existence (un lien avec Douglas Kennedy, dont l’une des amies a perdu sa fille, renversée par une voiture ?). De ce déséquilibre, le new-yorkais a tiré son œuvre la plus noire, la plus complète. La plus ambitieuse aussi. Le pari est gagné haut la main. Comme le dit si bien François Busnel dans son magazine « Lire » : « Douglas Kennedy incarne une exception littéraire : les romanciers capables de questionner le monde tout en le divertissant. » Plus que jamais l’écrivain accule ici ses lecteurs aux pieds des interrogations lourdes de significations, avant de leur accorder une pause en les trimballant dans un road-movie haletant et poétique.
Le romancier interroge le destin, les mots prononcés ou écrits, et leurs poids, la famille, l’amour, le quotidien. Le désir de vivre, le désir de mourir, la condition humaine en somme, de la notion de culpabilité à celle de pardon, le tout sur fond de société américaine dans laquelle trône l’argent, la religion et le devoir de réussite… Mais il le fait sans leçon de morale, en proposant un opus piqué d’humour, de sensibilité et de suspense. De cette savante cuisine naît un roman équilibré et intense, poussant à de réelles réflexions existentielles sans provoquer d’indigestion de points d’interrogation. Les rebondissements dynamisent les moments de calme, de retrait, de silence. Et inversement. Les sourires succèdent à la colère, à l’indignation, aux larmes. Une dimension universelle, et une sacrée consistance des personnages, laissent le lecteur dans une impossible indifférence.

Douglas Kennedy, « Quitter le monde »Une fois encore donc, Kennedy frappe juste, tape fort, vise le vrai : dans l’humain. Avec un tel cocktail, les 300.000 exemplaires du premier tirage de « Quitter le monde » seront sans aucun doute vite écoulés !

A noter…

Douglas Kennedy, « Quitter le monde »

Traduit par Bernard Cohen
Aux éditions Belfond
En librairie depuis le 07 mai 2009
496 pages, 23€
Acheter le livre sur Amazon

Site officiel de l’auteur : www.douglas-kennedy.com

Photo de l'auteur : © Philippe Matsas / Opale

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Le 19-05-09 - 01:39

Auteur : Anne-Laure Bovéron pour CultureCie.com

Voir: Littérature française - Livres : sélection & critiques littéraires
Les « Suicide Girls » d’Aymeric Patricot : Je de miroirs
Aymeric Patricot, « Suicide Girls »; Aux éditions Léo Scheer, 224 pages, 19€

Avec son deuxième roman, Aymeric Patricot bascule dans l’univers de la tentation de la mort. Un roman noir ? Pas exactement : à travers les figures d’adolescentes et de jeunes femmes suicidaires, Patricot pousse son narrateur à comprendre le vertige qu’il éprouve face à la disparition de son père, et face à sa propre existence. Quelques passages corsés certes mais au final un roman d’une réelle beauté, et aux accents sociologiques éclairants.





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