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Dans les valises de Jessica Nelson : les villes de Jean-François Dauven
Coordinatrice de l’émission littéraire de TF1 « Au Field de la nuit », membre du comité de lecture des éditions Plon, jurée du Prix Lilas, Jessica Nelson est l’auteur d’un roman « Mesdames, souriez » publié chez Fayard en 2005. Une première publication distinguée par la Bourse Lagardère. En 2008, elle publie « Tu peux sortir de table, un autre regard sur l’anorexie », toujours chez Fayard. La jeune romancière a aussi participé aux recueils de nouvelles « Onze femmes » (J’ai Lu), et « Plumes et Dentelles » (Ramsay). Son coup de cœur 2009 : « Ceux qui marchent dans les villes » de Jean-François Dauven, paru aux éditions Flammarion.
Faites vos valises
« L’Europe est un État composé de plusieurs provinces », disait Montesquieu. Le 3e roman de Jean-François Dauven, après « Le manuscrit de Portosera la rouge » et « Le Soliste », en est la brillante et audacieuse illustration. Embarquement immédiat pour un voyage à escales multiples.
En effet, chaque chapitre prend place dans une ville différente et enchanteresse dont notre continent regorge. À Lisbonne, Jérôme tente de se remettre de son histoire avortée avec Marie… À Rome, Salvatore est patron d’une entreprise (La Romana) qui fabrique des machines à café exceptionnelles ; sa femme Myriam l’a quitté… À Bruxelles, Arnaud travaille à la Commission Européenne et est secrètement amoureux d’une jeune fille dont il va aider le frère, Samuel, chef d’orchestre plein de talent, à percer. À Marseille, on découvre un trafic de cartes téléphoniques truquées dans lequel Jérôme a été impliqué lorsqu’il vivait à Paris… À Prague, on retrouve la musicienne Myriam, sœur de Samuel… Etc. Et puis il y a Portosera la chatoyante, petite république imaginaire de la Méditerranée, carrefour entre la France, l’Italie et l’Espagne, où il fait bon vivre. La cité idéale d’un romancier qui navigue depuis ses débuts entre utopie et réalisme.
Dix chapitres, dix villes, dix histoires, une galerie de personnages liés, parfois par le sang, l’amour, les affaires ou un simple coup de fil. Une machine à café qui resurgit alors qu’on ne l’attend plus, dans un sillage d’arômes subtils et corsés. Cela vous semble compliqué ? De grâce, attendez votre deuxième lecture (oui, vous serez plus que tentés de relire ce livre !) pour esquisser des schémas afin de comprendre qui connaît qui, comment pourquoi et où. Pour l’heure, il suffit de se laisser porter par la musique de l’écrivain. Car au-delà de la prouesse architecturale et narrative de « Ceux qui marchent dans les villes », il y a ces couleurs, ces odeurs, ses saveurs propres à chaque cité, que ce jeune romancier de 30 ans excelle à mettre en mots.
Il y a aussi cette technique propre à Dauven qui, très éloigné d’une littérature dite nombriliste, observe le particulier pour dessiner le général. Qui, à travers l’exploration d’individualités, tente de cartographier tout un monde.
On ne fait pas que lire ce texte : on le respire, on le caresse et on l’écoute. Ce roman est un grand corps qui bouillonne, qui danse et qui palpite. Un grand corps vivant, où les villes sont des organes à la fois autonomes et interdépendants, connectées par ceux qui voyagent, physiquement ou par la pensée, entre elles. Et un grand bonheur de lecture.
A noter…
Jean-François Dauven, « Ceux qui marchent dans les villes » Paru chez Flammarion le 3 février 2009 302 pages, 19€ Commander le livre sur Amazon
Les livres de Jessica Nelson...
« Mesdames, souriez »
Dans ce roman délectable, drôle et sensible, l’écrivain nous plonge dans l’univers de Louisa Maria, une ambitieuse étudiante de 20 ans qui emménage à Paris et qui doit partager l’appartement légué par son oncle avec une usufruitière grabataire, pénible et envahissante. La canicule et la solitude électrisent les relations entre les deux femmes et la colocation vire à l’état de siège. Petit à petit l’idée du meurtre se glisse dans les pensées de Louisa... Une plongée dans les relations humaines décapante et touchante. En Poche chez LGF, 2008, 158 pages, 5€ Commander le livre sur Amazon
« Tu peux sortir de table, un autre regard sur l’anorexie »
Cette étude protéiforme explore ce trouble du comportement alimentaire sous un angle nouveau, et est enrichie de références et de témoignages. L’essai éclaire cette pathologie encore mal comprise tant par les victimes elles-mêmes que leurs familles ou le corps médical, et s’avère porteur de réponses et d’espoir quant à une possible guérison. Chez Fayard, 2008, 206 pages, 17€ Commander le livre sur Amazon
Le cru 2009 des écrivains pour CultureCie
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Auteur : Jessica Nelson | Propos recueillis par Anne-Laure Bovéron pour CultureCie.com


Elisabeth Barillé ou le coup de coeur d'Emmanuelle de Boysson
Présidente du Prix Lilas, dont un jury de femmes récompense chaque année une romancière au printemps à La Closerie, Emmanuelle de Boysson collabore à plusieurs journaux dont Marie Claire, VSD, Femmes, Service littéraire et Fémi 9. Romancière et essayiste, cette fringante femme de la rive gauche est aussi mariée et mère de trois enfants. Elle nous livre son coup de cœur de la rentrée littéraire : « Heureux parmi les morts » d’Elisabeth Barillé.




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