Accueil
Le bain...
culturecie-livre culturecie-art culturecie-theatre culturecie-musique culturecie-cinema culturecie-portrait culturecie-interview culturecie-news culturecie-small-world culturecie-buzz culturecie-edito culturecie-espace-pro culturecie-et-vous



Romans, nouvelles, biographies, polars & autofiction : sorties & critiques...

Voir: Littérature française - Livres : sélection & critiques littéraires
« De ça je me console » : Lola Lafon ou l’art de vie
« De ça je me console » de Lola Lafon
Des mois que les éloges sont dilués dans les paroles dialoguées et les conversations perdues – il arrive que le coup de foudre foudroie pour de vrai et emmure dans le silence. En 2009 il y a deux perles rares de la littérature française qui sont sorties en poche : « L’Aube » de Yasmina Reza, et « De ça je me console » de Lola Lafon. Rien à voir. Si ce n’est la solitude, le rêve, le temps. L’éloge du temps perdu. Perdu ? Le deuxième roman de Lola Lafon est brillant, poignant, nécessaire.

Par Axelle Emden

L’écriture ou le vivant

Elle a grandi à l’envers de rien, c’est même le titre de son premier album. Certains la connaissent chanteuse, et musicienne. Dans son livre on la découvre danseuse surtout – ceux qui l’ont vue sur scène le savaient déjà. Mais par-dessus tout écrivain. Sensible, saignante, inconsolable… « Artiste » aurait-on envie de dire simplement, mais le mot est comme niais - le point commun entre Yasmina Reza et Lola Lafon, c’est le mot « Art » pourtant. Impossible de négocier ce livre-là, on tourne les pages avec une drôle de fièvre, une drôle de rage, dans la lenteur de la solitude partagée et dans la hâte du reste. Vibrant, poétique, remuant, « De ça je me console » appartient à ces livres qui laissent une trace indélébile - dans la chair et dans la tête.

De quoi ça parle ? D’une narratrice, Emylina, qui ère dans ce monde-là. D’un angle de vue pas vraiment décalé, simplement centré sur l’essentiel. Quel essentiel ? Rêver, lire, écrire. Ne surtout pas travailler plus pour gagner plus. Travailler puisqu’on est obligé, pour (sur)vivre. Passer le reste du temps à vivre. Parler aimer rencontrer. Danser. Observer. Penser. Choisir. Choisir ? Mais on ne choisit pas la fin des histoires d’amour, on ne choisit pas la fin des histoires d’ailleurs… on ne choisit pas la fin tout court. Ni le début : la naissance, les parents, les déménagements. Le fonctionnement étrange, absurde, d’un monde qui se persuade d’être le meilleur. Elle écrit. Peut-être qu’elle se console, comme ça, un peu, de ce dont elle ne se consolera jamais.

Dans une langue merveilleuse et simple, inégale certes mais qui rompt avec les codes, Lola Lafon nous embarque en terre inconnue, la sienne. Dans l’histoire d’amour d’Emylina d’abord, puis dans son histoire familiale – une autre histoire d’amour, multiple, longue, unique et éternelle. Il y a cette Italienne, ce squat ou paradis perdu en Toscane. Il y a son père, partout il y a son père. Celui qui « n’aurait pas dû avoir d’enfant, il était beaucoup trop intelligent ». Protéger une mère. Il y a un meurtre. Un assassinat politique, des secrets, des missions d’enfants. Il y a des inconnus qu’on rencontre, des gens avec lesquels on parle le même langage, au-delà des langues. Il y a les étrangers, les envahisseurs, les mecs qui parlent « cool » : les « Presque morts » - ces gens qui croient vivre alors qu’ils prennent soin de passer à côté de toute vie, toute conscience, tout sens. Il y a le passé, la Roumanie, les diplomates, les intellectuels, le bonheur, les méchants, les cons, une femme assise dans la rue. Il y a le temps. Et l’espace. Le luxe pour les uns, le temps et l’espace. La pauvreté pour les autres.

Roman dans le roman, « De ça je me console ». Méta-roman mêlant propos sur la littérature (et l’art en général), fiction et autofiction. Roman-monde, roman d’aventure, d’improviste, de voyage… nourri de réel et d’imaginaire. Vous vous demandez ce qui est vrai ? Trouvez ce qui est vivant !


Extraits choisis…

« Je te parlais des CHOSES.
A mon arrivée en France, je vais avec ma sœur le samedi après-midi, et c’est un grand moment de notre journée, au Monoprix du bout de la rue. On y va pour inspecter les CHOSES qui s’y trouvent, sans aucune intention de les acheter. Il nous faut simplement les voir, étalées, bien mises, dans un magasin si grand (…).
L’accumulation des CHOSES, je m’en souviens, me provoque des angoisses inconnues. » « Ce dont je me souviens, ce que je connais de toi », p.39

« Il m’arrivait d’avoir envie qu’on échange nos affaires, comme ça, mais j’aimais trop te regarder pour avoir réellement envie de te ressembler. (…) Il y a eu toute une vie, le temps d’une respiration superbe. Un de ces soulagements d’une joie féroce. J’ai trouvé quelqu’un qui répond à ma vie, à mon existence. Je me rends compte aussi qu’en lui parlant, très souvent, j’apaise chez elle en même temps qu’en moi ces choses auxquelles on ne se fait pas. On répare ce qui était solitaire en chacune d’entre nous.» p.114

« Je cherchais à te juger sévèrement, à penser meurtre. Ça sonnait dans le vide au numéro culpabilité que je composais. » p.138

« Je vous demande : le coupable c’est celui qui appuie sur le bouton ? C’est celui qui tirre ? Ah ! In-croya-ble… Ah !! Lagardèrrre et les autrres, n’est-ce pas, vendent des milliarrrds d’arrmes, et ne tirrent pas, jamais ! Pourr vous, ils sont innocents ? C’est parfait… » p.141

« J’avais des accès de mort pendant la journée, comme des évanouissements à mon état de vie. » p.142

« De ça je me console » de Lola Lafon« Je disais l’amour avec cette fille, cette Italienne, je répétais amour, et en vérité j’ai pleuré ma connerie, pas celle qu’il imaginait, juste celle de ne pas avoir dormi dans le même lit que toi, me retenir, arrêter de faire des économies, que deviennent les gestes qu’on ne fait pas. » p.174

A noter…

« De ça je me console » de Lola Lafon

Préface d’Arnaud Cathrine dans l’édition Poche, parue le 9 février 2009 chez J’ai lu
382 pages, 7€
Commander le livre sur Amazon

Fermer
Envoyer cet article
Send this form

Le 15-06-09 - 17:40

Auteur : Axelle Emden pour CultureCie.com

Voir: Littérature française - Livres : sélection & critiques littéraires
Elisabeth Barillé ou le coup de coeur d'Emmanuelle de Boysson
Emmanuelle de Boysson se prête à nos coups de coeur d'écrivains avec « Heureux parmi les morts » d’Elisabeth Barillé

Présidente du Prix Lilas, dont un jury de femmes récompense chaque année une romancière au printemps à La Closerie, Emmanuelle de Boysson collabore à plusieurs journaux dont Marie Claire, VSD, Femmes, Service littéraire et Fémi 9. Romancière et essayiste, cette fringante femme de la rive gauche est aussi mariée et mère de trois enfants. Elle nous livre son coup de cœur de la rentrée littéraire : « Heureux parmi les morts » d’Elisabeth Barillé.





Livres

Littérature
Littérature française
Littérature étrangère
Biographie & Autobiographie
Essais & sciences humaines
Actualité & Politique
Psycho / Psycha
A lire avec les yeux
Beaux livres & beaux arts
Livres Pratiques
BD & humour
Brèves
Ecrivains & Cie

Art

Expositions mixtes & installations
Peinture, dessin & sculpture
Photographie
Foires
Créateurs
Architecture, Patrimoine & Design
Beaux livres & beaux arts
Artistes & Cie
Archives

Théâtre

Boulevards
Théâtre contemporain
Théâtre classique
One man / woman shows
Spectacles musicaux
Archives Théâtre

 

Musique

Albums / CD
Concerts
DVD musicaux
Jazz & blues
Pop / Rock
Scène française
Variétes internationales
Electro
Archives Musique

Cinema

Dans les salles
DVD
Festivals & news

Portraits

Artistes & Cie
Comédiens & Cie
Ecrivains & Cie
Musiciens & Cie
Biographie & Autobiographie

Interviews

News

Appel à projet
Agenda
Culture web
Débats & opinions
Les Livraisons dangereuses
Archives

 

Small World

In English
En Europe
In America
In Asia

Buzz

Edito

Espace Pro

Contact
Partenaires
La rédaction

&Vous