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"Le plus heureux des hommes" de Yann Queffélec
Julius, la trentaine, professeur agrégé à la Sorbonne, vit encore avec sa mère lorsque « déboule » Anja, trop belle, trop gaie, trop talentueuse, trop tout, trop…
Ils vivent à trois et éclate l’éternel conflit entre la belle mère et la belle fille. Julius aime tant Anja qu’il n’aime plus sa mère. Celle-ci part mais bientôt Anja s’en va aussi. Elle disparaît… Il pleure mais étrangement ne la cherche pas, il l’attend mais doute qu’elle revienne. Il déposera bien une plainte mais l’inspecteur Blaise ne semblera pas inquiet par ce qu’il appellera une rupture et non une disparition.
Il se souvient, il nous raconte… Le livre commence par la fin, croit-on, mais non ! Le livre commence le jour où elle s’enfuit. Est-elle morte ? Plus il raconte leur histoire, plus on pense qu’on l’a tuée. Peut-être est-ce lui qui l’a tuée… Tout est possible. L’amour en serait bien capable…
Mi roman policier, mi roman d’amour, Yann Queffélec s’est amusé, c’est sûr, à nous perdre dans un attachant imaginaire. On prend un réel plaisir à regarder le film qu’il a réalisé et surtout à l’entendre parler d’amour. La sensibilité au bord des mots, la réalité bien derrière les sentiments sont au rendez-vous que Yann Queffélec nous a donné avec ce nouveau livre !
Extraits choisis...
« Le sourire mourut sur ses lèvres, renaquit aussi lumineux. Un tel sourire, un tel regard, ce déjà vu de la beauté quand elle vous frappe au cœur et se fait inoubliable. Une telle franchise imprégnait sa voix lorsqu’elle se remit à parler. Personne ici ne savait ce qu’allait me dévoiler, à moi dont l’univers se prolongeait du sien. Comment la soupçonner d’embobiner son monde au profit de la haute idée qu’elle avait de son rôle de sœur, de sœur maman, de grande sœur, bien que Lucia, la sœur en question, fut sa jumelle et son double à tout moment, en tout lieu… » (Page 72)
« On ne pense jamais à la mort comme il faut, on y pense trop pour y penser, toujours au travers d’événements lointains. Le malheur des autres suffit à l’épuiser, elle n’arrive pas jusqu’à nous. Il nous semblerait injurieux d’imaginer qu’elle chemine aussi dans notre histoire et qu’elle peut décréter à tout moment : allez, on range ses affaires, c’est l’heure, on y va… » (Page 103)
« Parce qu’entre nous, mon bon Monsieur Caïn, on n’a pas besoin d’être jumelle ou jumeau pour avoir un double dans l’existence, pour être double, à la fois très ressemblant avec soi-même et très différent de ce qu’on cherche à paraître. C’est votre jumeau qui ne la reconnaît pas, mon ami. Au lieu de porter plainte, de faire du foin pour macache, intéressez-vous à lui, coincez-le. Allez, bonsoir monsieur Caïn ». (Page 204)
A noter...
"Le plus heureux des hommes" de Yann Queffélec Paru le 6 juin 2007 Chez Fayard 341 pages 20 euros
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Auteur : Laurence Schmitt pour CultureCie.com

Elisabeth Barillé ou le coup de coeur d'Emmanuelle de Boysson
Présidente du Prix Lilas, dont un jury de femmes récompense chaque année une romancière au printemps à La Closerie, Emmanuelle de Boysson collabore à plusieurs journaux dont Marie Claire, VSD, Femmes, Service littéraire et Fémi 9. Romancière et essayiste, cette fringante femme de la rive gauche est aussi mariée et mère de trois enfants. Elle nous livre son coup de cœur de la rentrée littéraire : « Heureux parmi les morts » d’Elisabeth Barillé.




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