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« Mademoiselle Bonsoir », un double inédit de Boris Vian
« Mademoiselle Bonsoir, suivi de La Reine des garces » : deux inédits de Boris Vian en Poche
En 2009, l’édition fête comme il se doit les 50 ans de la mort de l’écrivain Boris Vian. Au programme des réjouissances littéraires : réimpressions de titres, reportages, site ludique créé par le Livre de Poche, pièces de théâtre à l’affiche, et pour 2010, l’entrée dans la Pléiade. Mais la nouveauté émane du Livre de Poche qui publie un volume de deux pièces de théâtre inédites : « Mademoiselle Bonsoir » et « La Reine des garces ».

Par Anne-Laure Bovéron

De son vivant, Boris Vian (mars 1920 – juin 1959) n’a pas récolté le succès qu’on lui connaît aujourd’hui. Auteur de onze romans, de quatre recueils de poésies, de pièces de théâtre, de nouvelles, d’articles consacrés à la musique, de chansons, de scénarios, Vian s’avère foisonnant ! Mais boudé. Son premier coup d’éclat date de 1946. Mais « J’irai cracher sur vos tombes » a été d’une part publié sous le pseudonyme de Vernon Sullivan et d’autre part, a soulevé une réelle controverse qui, quatre ans plus tard, a abouti à une condamnation pour outrage aux bonnes moeurs. Après les échecs de ses roman parus sous son nom (« L’Ecume des jours », « L’Arrache-cœur »…), Vian pense même abandonner la littérature.

Ce n’est que dans les années 1970 que l’écrivain, poète, trompettiste (amoureux du jazz) et comédien à ses heures, a été reconnu. La célébration des 50 ans de sa disparition est donc l’occasion de redécouvrir son œuvre et de faire de belles découvertes : deux comédies musicales teintées de drame, fantaisistes et tendres. Dix ans de travail et de recherches ont été nécessaires pour retrouver et classer les feuilles volantes et éparpillées de ces pièces, afin de coller au plus près des désirs premiers de l’auteur.

Comme souvent avec Vian, les niveaux de lecture sont multiples. Ici, au-delà de l’aspect ludique, l’auteur livre une véritable satire de la société de consommation et de ses médias, dénonçant l’absence de morale des têtes pensantes, qui tirent profit du malheur, de la naïveté et des besoins d’une partie de la population. Déjà lu, d’Orwell à Ramonet en passant par Bourdieu ? Si le sujet n’est pas nouveau la critique n’a pas pris une ride, soit dit en passant.


Courrier du Cœur ou « Mademoiselle Bonsoir…

Au cours de l’année 1952, Boris Vian s’atèle à la rédaction de la comédie musicale « Mademoiselle Bonsoir ». Dans la tête de Vian, elle fait miroiter un espoir : Broadway ! Une adaptation anglaise, « Goodnight Girls Inc. » rédigée par l’auteur lui-même, existe d’ailleurs et est reproduite en exergue de ce livre, au même titre que des photographies du manuscrit. Mais trop pris par divers projets, l’écrivain n’aura jamais le temps de mettre le point final à sa création.

L’histoire… A la rédaction du magazine « Coeur Maître », les journalistes croulent sous les sacs de courriers d’amoureux éperdus ou perdus. Mais la routine et l’ennui guettent. Jusqu’au jour où un homme trop timide pour écrire sort d’un sac de La Poste, et demande aux rédacteurs spécialistes du cœur non pas de lui trouver chaussure à son pied, mais une jeune femme qui viendrait l’endormir, le border, déposer un baiser sur sa joue tous les soirs avant de repartir. L’idée fait boule de neige. Rapidement, la chaste demoiselle est dénichée, les premiers célibataires bercés par sa voix succombent et les sollicitations d’âmes en peine inondent bientôt les responsables de cette affaire. Parmi les clients, un tueur en série insomniaque aux exigences et aux habitudes loufoques qui pourraient bien faire péricliter le juteux filon. A moins que ses dirigeants ne sortent une abracadabrante illumination de derrière les fagots ?

Si « Mademoiselle Bonsoir » n’est pas terminée, si les passages dansés et chantés sont seulement signalés dans la marge, c’est sans peine que l’on comble les trous pour se délecter de cette histoire.


Affirmation de soi… jusqu’à « la reine des garces »

Camille Mauser, fille d’Overland Mauser, diététicien très en vogue, est humiliée le jour de son mariage par… son mari lui-même ! Elle décide alors de devenir « la reine des garces » pour se venger et retrouver sa dignité. Mais dans son élan, la jeune femme n’épargnera personne. Pas même son père. Et surtout, elle se ferme à ce qu’elle souhaite le plus : l’amour. Mais le bonheur ne se cache peut-être pas là où elle l’attend…

Cette seconde comédie musicale couchée sur le papier entre 1952 et 1953 comporte elle toutes les chansons prévues pour la mise en scène finale. De quoi rire à toutes les pages, entre les paroles des chansons, pas de danses, situations cocasses dignes d’un vaudeville et autres dialogues ping-pong.

« Mademoiselle Bonsoir, suivi de La Reine des garces » : deux inédits de Boris Vian en PocheC’est donc, encore une fois, le sensible génie d’un Boris Vian réjouissant et néanmoins acerbe, qui apparaît entre ces lignes sauvées de l’oubli pour le plus grand plaisir de ses admirateurs.


A noter…

Boris Vian – « Mademoiselle Bonsoir, suivi de La Reine des garces »
Aux éditions du Livre de Poche
En librairie depuis le 28 octobre 2009
406 pages, 6,95€
Commander le livre sur Amazon avec CultureCie Le site du Livre de Poche consacré à Boris Vian : www.livre-de-poche.com/dossier-du-mois/boris-vian/index.html

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Le 03-12-09 - 22:28

Auteur : Anne-Laure Bovéron pour CultureCie.com

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