La Grande Symphonie de Brel
Ils vont porter les mots de Brel au Zénith. 400 chanteurs dirigés d’une main de maître par Jean-Claude Oudot vont rendre le plus beau des hommages au chanteur mais aussi à l’homme. Le spectacle qu’ils ont donné au théâtre d’Issy-les-Moulineaux en octobre fut un avant-propos des plus prometteurs. Ils sont amateurs dans la plus noble acception du terme, donnant toujours plus. Sublime !
Infiniment Brel...
« Les infirmes ce sont les hommes prudents ». Cette phrase de Brel pourrait servir d’accroche à ce fantastique spectacle que dirige Jean-Claude Oudot, qu’il prépare depuis des années, qu’il a façonné comme un fascinant et impossible rêve. Mais la réalité est là et bien là : c’est au Zénith qu’il va concrétiser cette folie, accompagné de quatre cents chanteurs, ses choristes, venus de tous horizons et réunis dans le don de soi et le partage du beau.
Ils vont venir, ils seront tous là. Les effectifs seront doublés par rapport à la prestation triomphale il y a quelques semaines dans ce théâtre d’Issy qu’ils connaissent tous bien pour y avoir déjà donné plusieurs spectacles avec la même ferveur. Mais chanter Renaud, Ferrat ou Fugain comme en 2007 lors d’un splendide hommage à la chanson engagée et déférence gardée envers ces humbles troubadours, ce n’est pas chanter Brel. Deux heures exclusivement consacrées au père de « Madeleine » et « Mathilde », le défi est de taille. Et Jean-Claude Oudot n’opte pas pour la facilité.
La critique « coup de chœur » de Franck Bortelle
Les titres choisis ne sont ni une invitation à découvrir des perles cachées de Brel ni un tour d’horizon de ses incontournables standards. C’est un peu des deux. Forcément audacieux, car on attend de ce voyage musical les escales à Vesoul, Amsterdam, au « Plat pays ». Trois classiques dont on connaît tout, jusqu’au moindre geste quand, avec ses grands bras et sa carcasse dégingandée, Brel les interprétait, les vivant de tout son épiderme. Passer derrière, c’est risquer de rester en rade.
Plus osé encore, et c’est là que la mise en scène d’Oudot s’avère tout simplement sublime et infiniment « brelienne », est le défi d’intégrer Brel à ce spectacle. C’est Brel qui le démarre. « Mon enfance ». Heureux choix pour un début. Les choristes lui emboîtent la voix. Ils forment alors un surprenant mais bouleversant duo. Brel est vivant. Plus vivant que jamais.
Les morceaux vont se suivre sans se ressembler. Car le delta est large, entre le texte déchirant de « Voir un ami pleurer » qu’épouse une mélodie proche du requiem et « Les Flamandes » qui nous entraînent dans leur fière danse, le tango de « Rosa » ou la bourrée de « L’Aventure ». Les femmes, les curés, les amis, les voyages. Le défi n’est pas seulement de faire vivre les chansons en jouant sur leur efficacité mélodique mais, bien sûr, que le texte sorte grandi, transcendé. C’est là que le pari est gagné par le Chœur de France. Les mots se prêtent à cette discipline du chœur. Mais au prix de quel effort ? Ils ne vous le diront pas, ils ont le triomphe modeste. Mais deux heures durant, ils auront offert un grand moment de cohésion artistique, jouant comme un seul homme, face à un seul homme, leur modèle auquel ils laissent la parole le temps d’un extrait d’interview, le temps d’une chanson.
Une telle énergie, une telle abnégation, un tel don de soi sont rares. L’amateurisme poussé à son plus beau niveau.
Amateur qui vient du verbe aimer. Quand on n’a que l’amour…
A noter…
La Grande Symphonie de Brel
Avec le Chœur de France dirigé par Jean-Claude Oudot
Durée : 1h50 environ
Les 29 mars et 5 avril 2009 à 15 heures
Au Zénith de Paris
211 avenue Jean Jaurès 75019 Paris
Metro : Porte de Pantin
Tarifs : De 30 à 60€
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La Grande Symphonie de Brel est également à Annecy, Avignon & Genève jusqu’en juin 2009 : toutes les dates & les réservations sur Fnac Spectacles
Liens:
choeursdefrance.free.fr
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