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My One and Only Melody…
Révélation jazz de l’année 2008, Melody Gardot débarquait l’an dernier avec un premier album envoûtant : « Worissome Heart », unanimement salué par la critique. Après neuf mois de tournée internationale elle nous revient avec un deuxième opus irréprochable, « My One and Only Thrill », dans lequel le jazz et le blues se mêlent désormais franchement au swing latino. Grand talent pour petit bijou. Mais la diva peut encore grandir !
Par Axelle Emden
De son talent il n’est plus même question de parler : la voix et la musicalité évidentes de Melody Gardot s’imposaient dès son premier opus, dans lequel elle reprenait avec brio quelques-uns des plus grands standards du jazz. Depuis Diana Krall il n’y avait pas eu grand nouveau côté diva du jazz, excepté Sophie Milman. Désormais il faut compter avec Melody, jeune américaine d’à peine plus de 20 ans, qui ne donne ni dans le Madeleine Peyroux ni dans la tendance « chillin’ » de Tok Tok Tok. Impossible d’y être insensible… sauf si vraiment on n’est pas un amateur du genre.
 Bossa-Jazz...
De retour en studio avec ses fidèles musiciens*, Melody a enregistré onze titres, dont une reprise seulement, « Over The Rainbow » : des restes d’enfance… car le « Magicien d’Oz », dans lequel Judy Garland interprétait originellement la chanson, fut le film que sa grand-mère lui passait en boucle quand elle la gardait… Face aux monstres qui l’ont réinterprétée après (Tori Amos, Jeane Manson, la fabuleuse Eva Cassidy, Tommy Emmanuel, Jimmy Hendrix…) on peut dire que Melody s’en sort bien ! Elle signe donc dix autres morceaux, et révèle cette fois son amour de la musique brésilienne, à travers ses textes comme à travers son swing : dès « Baby I’m a Fool » qui ouvre l’album jusqu’à cette ultime reprise et en passant par « Les Etoiles », titre chanté en Français et qui fait pourtant résonner l’Amérique latine comme l’Europe de l’Est - sans doute Melody a-t-elle gardé le roulement des « r » de sa grand-mère, d’origine polonaise, qui donne tout son exotisme à ce jazz bossa chanté dans la langue de Molière. Le Brésil… une longue histoire et un sacré bout d’imaginaire pour Melody Gardot, qui repeint du coup la Terre entière d’un coup de pinceau en quelques chansons. Les pairs sont là : « J'aime les années bossa nova chez Stan Getz, j'aime Getz/Gilberto, Jobim, Caetano Veloso… que de musiques étonnantes dans ce pays qui possède une sensibilité propre, je crois, quelque chose de spécifique dans la musique brésilienne elle-même. La voix est douce et elle murmure, mais le lyrisme est beau et poétique. » Une voix douce et un lyrisme poétique, c’est aussi ce que propose Melody sur ce dernier opus : preuve qu’elle a réussi son hommage, et son pari.
Easy-listening...
Pas de rythmes sautillants tout au long de l’album pour autant : Melody reste fidèle à son jazz (« Lover Undercover », « The Rain ») et garde toute la mélancolie voire le penchant dramatique qu’on lui connaît (« Our Love is easy »). Des titres épurés toujours, qui font résonner la simplicité de certains standards ; des titres longuement emmenés par des cordes aussi, dont celui qui donne son nom à l’album, « My One and Only Thrill » : morceau de plus de six minutes qui parvient à nous tenir en haleine. Au final l’opus ne manque pas d’unité : le tout est arrangé par Vince Mendoza, soliste et compositeur déjà remarqué pour ses collaborations musicales avec de nombreux pur-sang dont Al Di Meola, Joni Mitchell, Kyle Eastwood ou Joe Zawinul; sans oublier que c'est à lui que l'on doit les arrangements de l'album de Robbie Williams, « Swing When You’re Winning ». Pour l'album de Melody ses arrangements couvrent toute une palette, depuis des rythmes brésiliens qui nous embarquent tout en gardant des lignes pures, jusqu'à des morceaux plus lents, dramatiques et troublants (dont « Lover Undercover » est sans doute le plus représentatif).
Dès la première écoute le disque s’impose comme un classique du genre. Un album studio impeccable qui n’a pas fini de nous enchanter. Mais si Melody Gardot n’a plus à prouver ses capacités, on attend d’elle encore plus. Plus d’émotions, de risques : qu’elle salisse un peu ces interprétations si propres et alors là seulement on aura la sensation de rencontrer enfin celle qui se cache derrière cet univers enveloppé. Un sans faute créatif posé sur une voix hors norme est très agréable à écouter, mais celui-ci reste encore un peu trop sage, peut-être. Autrement dit on attend le « lâchage » de Gardot avec impatience : elle n’a pas 25 ans, donc c’est sûr, ça arrivera ! En attendant vous pouvez y aller : à l’image de Melody, vous ne prendrez pas de risques en achetant cet album-là.
*Charles Staab (batterie), Ken Pendergast (basse), Patrick Hughes (trompette), Bryan Rogers (saxophone)
CultureCie vous conseille…
“If The Stars Were Mine” “Your Heart Is As Black As Night” “Our Love Is Easy”
A noter...
Melody Gardot, « My One and Only Thrill » Chez Capitol depuis le 27 avril 2009 Lien Amazon Lien Fnac ( disque, téléchargement, concerts…)
Tracklisting…
1. Baby I’m A Fool 2. If The Stars Were Mine 3. Who Will Comfort Me 4. Your Heart Is As Black As Night 5. Lover Undercover 6. Our Love Is Easy 7. Les Etoiles 8. The Rain 9. My One And Only Thrill 10. Deep Within The Corners Of My Mind 11. Somewhere Over The Rainbow
En concert…
Melody Gardot est à l'Olympia en avril 2009 & en tournée dans toute la France : à réserver dès maintenant ! Résas : Fnac Spectacles, partenaire de CultureCie
Précédemment...
A Paris à l’Alhambra le 13 mai à 20h Au Festival de Jazz de Nice du 18 au 25 juillet Toutes les dates & les réservations sont sur Fnac Spectacles
Auteur : Axelle Emden pour CultureCie.com

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