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'Hooked' et Sophie Delila vous tient
Elle porte le prénom de la sagesse, une coiffure afro et de faux uniformes. Eternellement pop... derrière son image hype son coffre de Black fait groover la soul. ‘Hooked’, le premier album studio de Sophie Delila, est dans les bacs dès le 10 novembre 2008. Voix profonde et swing teinté d’influences disco-rock nous emportent dans ses déboires d’amour… à danser !
Sage... comme une image
Sur une pochette en noir et blanc, le visage à moitié caché par une chevelure qui rappelle bien celle des Jackson Five, un petit bout de diva tient le micro. Le ton est donné dès les premières notes de la vitrine. La noirceur frise, se disperse et se fond dans un mur blanc cassé, légèrement tacheté de mauve. Entre les ombres de la rue et la lumière théâtrale du music-hall, Sophie Delila sourit la musique derrière ses yeux fermés. Et rayonne de ses contrastes. Le profil annonce la couleur sans mentir : ‘Hooked’ sera un album métissé, à l’image des graffitis urbains et de ces couleurs rondes qui tombent du ciel dans les boites de nuit disco. On est déjà en live, dans une boite de jazz ou sur une scène des années rock, quelque part entre le talent brut et la féérie, entre Aretha, Studio 54 et… aujourd’hui.
C’est bien un format CD, aux divines allures de vinyle. L’album s’ouvre sur ‘Nature of the crime’, composition et texte co-signés par Sophie Delila et Steve Broker. Et nos oreilles se déhanchent déjà. Résultat d’une rencontre inspirée, la chanson a donné sa tonalité au reste de l’album. Laquelle ? L’univers Delila, auquel Broker a apporté sa touche rock. 'Hooked'. Ça sonne comme un conte enfantin dans lequel le héros s'envolait et le méchant s'appelait Crochet. Accroc... c'est à la fois le coup de foudre et l'accident... la rencontre quoi. Celui des univers, celui des gens, ça sonne comme une potentielle histoire d'amour. C’est parti pour dix titres d’un opus qui porte bien son nom : ‘Hooked’ nous prend au piège d’une voix profonde, de ses chœurs chauds et de ses violons polys(s)ons. Quant au titre qui a donné son nom à l’album, c’est simplement un tube.
Dix titres. Sur chacun d'entre eux Sophie Delila figure deux fois: auteur, compositeur, interprète donc. Mais aussi productrice, depuis son premier album ‘All Yours’, autoproduit en 2005. Volonté de toute-puissance ou véritable surdouée ? A entendre cette pure orchestration de soul énergique, on opterait, de toute façon, pour la deuxième solution.
Les bonheurs de Sophie…
Sophie Delila a déjà un album derrière elle, un diplôme d’une sacrée école, celle de la vie certes, celle du Berklee College Of Music de Boston aussi - comme Diana Krall, Keith Jarrett ou Quincy Jones. Son univers artistique ? On le devine aisément avec cet album, la belle se nourrit de plus d’un genre. Bercée par Stevie Wonder, Michael Jackson, George Benson et Aretha Franklin, maîtrisant le jazz et le gospel depuis l’université, elle n’en reste pas moins de la génération Jamiroquai, Lenny Kravitz et Erykah Badu. Et oui que voulez-vous, quand on s’y penche deux minutes, les étiquettes ne collent pas. Et c’est pas fini : depuis que la new-yorkaise s’est installée à Londres aux lendemains de la sortie de son premier opus, elle verse dans le pop-rock, salit un peu sa musique de bonne élève au son du garage, de Coldplay, de Snow Patrol et du groupe The Feeling.
Résultat ? Simplement génial. Sophie Delila est naturellement habitée par le swing. Quant à son hypothétique volonté humaine de toute-puissance, elle est nuancée, comme en témoigne la liste – époustouflante – de ceux qui ont collaboré à ce premier album studio. Si elle joue la majorité des instruments – dont un piano féérique qui ouvre ‘Hey Mister’ – et si Sophie a supervisé la production de son deuxième bébé, les noms ne manquent pas au casting hallucinant de la réalisation : « en studio, elle a travaillé avec le producteur Blair MacKichan (Lily Allen) ainsi que Julien Jabre et Michael Tordjman, deux pointures de l’électro française. Ont également participé Robert Kirby, l’arrangeur de Nick Drake, qui a aussi collaboré avec les Magic Numbers ; Derrick McKenzie, batteur de Jamiroquai ; Jon Kelly, anciennement ingénieur assistant de George Martin et connu pour ses productions avec Kate Bush, Tori Amos et plus récemment Tom Baxter. » Ça « sonne ».
En haut de la liste Simon Hale - arrangeur de cordes pour Seal, Just Jack, Des’ree, McFly ou Jamiroquai. Touche de douceur ou note énergisante, guitares et violons forment la texture de cet opus aux titres protéiformes. Les arrangements donnent l’unisson. Le tout est passé dans les mains du producteur Steve Booker (Natalie Imbruglia, Duffy), qui a dès le départ donné sa ligne rouge à l’album. Il est des rencontres décisives… celle de Sophie et Steve a rapidement débouché sur ‘Nature of the crime’ : crime passionnel qui pourrait bien vous mener au coup de foudre ! Car ‘Hooked’ est fort d’une maîtrise de musicienne et d’un joli lâchage artistique.
« I’m so hooked on you »
Simplement polyvalente et sûrement très entreprenante, Sophie Delila est en effet un peu surdouée. Au moins un peu. Et on la devine très travailleuse. Alors la voix est précise, le verbe est au rendez-vous, l’harmonie irréprochable, en particulier sur ‘Another World’ : coup de cœur total pour ce rêve qui nous emporte dans ses montées, ses ponts, ses langueurs… A écouter très fort et sans modération. Mais sur ‘Hooked’ dix titres se disputent la vedette, loin d’être inégal cet album-là est un bijou qui révèle une interprète pas si sage. Difficile de ne pas penser à Amy,en particulier à l’écoute de ‘Blue sky’, ‘In the morning’ ou ‘Hey Mister’ : entre cette soul qui remet les influences disco au goût du jour et ce timbre salé qui peut tout se permettre… Mais il fait nul doute que Sophie tiendra bien mieux la route que son aînée en concert – et oui, on n’imagine pas une seconde cette jeune diva en mauvais état.
Elle chante, elle produit… elle écrit aussi. Côté textes des chansons d’amour, des chansons tristes, teintées de nostalgie mais dont les accords contrastent rondement avec le fond. Comme une certaine Aretha qui a traversé les générations avec ses joyeux déboires, ‘Can’t stop loving you’, ‘Hooked’ et autre ‘Blue sky’ invitent à exorciser des passions déchirantes sur des rythmes qui ne sont pas loin de se déchaîner. Car malgré quelques délicieuses lenteurs l’essentiel de ‘Hooked’ projette instantanément sur les dancefloors… au premier rang de ce quart d’heure américain ‘Betterside’, qui clôt l’album sur la patte électro-frenchie de Julien Jabre et Michael Tordjman. Hit évident.
C’est un des albums majeurs de cette rentrée 2008, que l’on s’impatiente de découvrir en live. On y reviendra, puisque Sophie Delila est le 6 novembre en concert (privé) au théâtre Côté Court. On part avec un terrible a priori : comment ne pas « accrocher » ?
A noter absolument...
Sophie Delila 'Hooked' Dans les bacs depuis le 10 novembre 2008 Shopper d'urgence sur Amazon
En attendant notre galerie photo, retrouvez les images du concert de Sophie Delila à la Flèche d'Or sur Facebook : l'album du concert par CultureCie
... ou sur le Myspace CultureCie
Liens:
www.sophiedelila.com
www.myspace.com/sophiedelilamusic
Auteur : Axelle Emden pour CultureCie.com


La « Boîte à musiques » de Barcella : un album qui donne des « l »
Qui a dit que les poètes étaient morts ? Sûrement pas Barcella, autobaptisé « souffleur de vers », et qui « de sa fenêtre ne peut voir la vie en prose ». Bien loin du cynisme ambiant, l’artiste protéiforme défend sa vision poétique du monde, dans des « ritournelles » au charme désuet et pourtant terriblement rafraîchissantes ! Depuis 2006 on le suit, sur le web, et on l'a rencontré en première partie de notre adorée Charlie, l'an dernier au Café de la Danse. Il a aussi fait celles de Cali, Cabre






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