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Marc Lavoine, Volume 10 : Ballades autour d'un album
Amours contrariées ou mortes avant d’être nées, le tout nimbé d’un érotisme parfois assez direct : le 10ème album de Marc Lavoine décline toujours ces thèmes de prédilection sur de belles ballades que rehausse une solide équipe de musiciens. Un opus d’une indéniable qualité.
Par Franck Bortelle
« Volume 10 ». Etrangement encyclopédique, le titre du nouvel album de Marc Lavoine confirme la place de choix qu’occupe le chanteur dans l’univers discographique hexagonal. Sa double carrière (le cinéma l’appelle de plus en plus) ne l’empêche pas de retrouver la chanson et de proposer ses thèmes favoris, joliment accompagnés de mélodies efficaces au spectre musical tournant autour de la ballade. Le duo qu’il formait avec Fabrice Aboulker aux tout débuts (« Pour une biguine avec toi », « Les Yeux révolver », « C’est la vie ») a perdu son exclusivité même si on le retrouve régulièrement sur quelques titres. Se sont également invités Goldman, Musumara et –surtout sur cet album- Christophe Casanave, compositeur qui monte. Ce dixième album, mélodiquement plus sage que les précédents (deux titres vraiment « dansants »), marque l’arrivée dans l’entourage de Lavoine d’un nom célèbre dont le prénom fut célébré par son illustre papa : « Lulu » Gainsbourg. Un disque érotico-romantique très réussi dont la chaude voix du chanteur apporte une parfaite homogénéité. Balade autour d’un album.
Rue des Aubépines
Amours jamais consommées sur fond de métaphore botanique. Un peu à la manière de l’incompris « Petit Pois Lardon » de Julien Clerc il y a quelques années, où tout opposait deux êtres qui s’aimaient. Mais tout se finissait bien. Ici, univers lavoinien oblige, l’optimisme est moins évident malgré une mélodie plutôt enjouée rappelant un peu celle d’une autre rue chère à Lavoine (« Rue Fontaine ») et qui est signée… Julien Clerc ! Un tube en devenir qui fait rimer Anna Karénine et les crinolines pour évoquer la fille de la rue du titre.
Reviens mon amour
Une cinquantaine de « perdu » sur 4’40 et un incantatoire refrain proposant de « retrouver ». Les jeux de mots chez Lavoine ont toujours cette discrétion qui pourrait presque les faire passer inaperçus. Joli titre sur les choses et les êtres que la vie nous donne puis nous reprend. Le duo Lavoine/Aboulker dans une dualité chantée/parlée (déjà pratiquée par Lavoine dans l’album « Fabriqué » avec « Larme blanche) qui en induit une autre fondée sur l’espoir et la désespérance.
Demande-moi
Une mélodie très accrocheuse, d’un romantisme acidulé qui colle parfaitement au texte, évoque la soumission de l’être amoureux à l’être aimé. Tout un programme.
 La semaine prochaine
Le premier single extrait de l’album. En plein optimisme, même si l’être aimé est absent et fait l’objet de tous les fantasmes, à l’inverse de la « Madeleine » de Brel dont l’homonymie avec le monument parisien évoqué ici semble résonner comme un délicieux clin d’œil au grand Jacques.
La grande amour
Un de ces duos improbables dont Lavoine a le secret. Après entre autres Catherine Ringer (l’exceptionnel « J’me sens pas belle ») et Françoise Hardy (le très beau « Chère Amie »), c’est Valérie Lemercier qui donne la réplique à Marc dans cette très jolie bluette, où deux tourtereaux contemplent leur amour au beau fixe et vu en « grand », adjectif décliné une trentaine de fois.
Les Dunes blanches
Un titre qui nous rappelle que Marc Lavoine est capable souvent d’un érotisme qui peut être torride. Vingt ans après « Bascule avec moi », ces « Dunes blanches » offrent aujourd’hui un moment de sensualité absolue aux rimes en « anche », d’avalanche à « flanche » en passant par « déhanche ». Bertrand Burgalat, acolyte de Valérie Lemercier et bien d’autres, a composé la mélodie à la subtile suavité de ce titre.
Les Rêves américains
A la manière de Gainsbourg, tout un titre parlé et les chœurs en fond. Des rêves américains avec la Marilyn de « Baby Alone in Babylone » et Malibu qui rimait avec « Marilou »… Un joli titre qui s’étire comme lézard sur le Sunset Boulevard.
Lentement
Dialogue entre père et fille sur une mélodie douce et mélancolique. Accrocheur et attachant.
Je n’ai plus peur de rien
Après Chamfort (« Géant »), Jeanne Mas (« Bébé Rock »), Renaud (« Morgane de toi »), Zazie (« Lola Majeure »), Obispo (« Millésime ») et tant d’autres, la version de Lavoine sur l’art d’être papa. Ça sent le passage obligé sans constituer une pièce majeure du puzzle, soyons honnêtes. Le titre le plus faible de l’album (il en faut toujours un…).
 Quand je suis seul
La chanson que tout le monde guettait puisque la mélodie est assurée par Lucien –demi-frère de Charlotte- Gainsbourg. L’attente est largement comblée car c’est assurément le plus beau titre de l’album. La très belle déclaration d’amour que constitue le texte est soulignée par une mélodie tout en retenue, presque susurrée mais redoutablement efficace. Le titre s’achève sur une fuite instrumentale de toute beauté.
Je rêve de ton cul
Balade au clair d’une lune adorée… Très érotique, avec une subtile fusion entre le sacré et la chair à la Farmer. La mise en musique est le fait de Fabrice Aboulker, le complice des débuts. Le titre est répété à l’envi sans pour autant parasiter d’une quelconque grossièreté la joliesse d’un propos tout en finesse.
A noter...
Marc Lavoine, Volume 10 Chez Mercury. Dans les bacs depuis le 31 août 2009 15€ env. Commander l'album sur Amazon, partenaire de CultureCie
Lavoine est en concert au Casino de Paris du 19 au 31 janvier 2010, puis en tournée dans toute la France jusqu’en avril. Réservations : Fnac Spectacles
Site officiel : http://marclavoine.artiste.universalmusic.fr
Auteur : Franck Bortelle pour CultureCie.com

« This is the hello monster ! » : Bonjour, Gérald K.
Paru fin mars 2010, « This is the hello monster ! » est le premier mini-album d’un drôle de type nommé Gérald K. Entre douce électro mélodique et pop mélancolique, ce petit monstre séduit. Jeudi 29 avril, il tiendra son récital pop folk avant-gardiste aux Trois Baudets à Paris. Artiste OVNI, album minimaliste, frissons multiples.






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