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Robert : une Cigale qui lève le voile ?
Robert. Elle porte le nom d’un homme et c’est une drôle de personne. Pas exactement une drôle de dame à la Charlie’s Angels, plutôt une drôle de musicienne, le genre dont on tombe amoureux immédiatement ou que l’on déteste au premier son. C’est un peu comme l’opéra Robert, un peu comme Valhère ou New York : les jugements divergent et tranchent mais la rencontre s’impose et ne peut pas laisser indifférent. Retour sur sa Saint-Valentin, soir de son concert à la Cigale.
Austyn en première partie...
La Cigale. Près de 1000 places, ce n’est pas tout à fait plein mais c’est bien rempli. Le show se fait attendre, le retard est long. Première partie. Difficile rencontre avec un certain Austyn: la voix est rauque, forcée parfois, le ton est poétique et rockeur, l’interprète est timide et rebelle. Le public est à l’écoute, s’emporte parfois, dans des soupires ou des applaudissements, c’est selon : à l’image de Robert, Austyn n’est pas vraiment un chanteur « facile ».
Robert, une non-dite ?
Et elle arrive. Sur la scène de la paille, un décor naturel autant qu’il est créé de toutes pièces : comme elle. Elle, c’est une bohémienne gothique, un teint pâle aux longs cheveux noirs, coupés très court devant. Un côté Amélie Nothomb aussi (et oui il y avait eu des noms propres), une drôle d'actrice jouant de sa frange et de sa robe fendue, faussement déchirée. Sexy Robert ? Ce n’est pas Mylène Farmer non mais c’est un univers, c’est sûr, un univers fort et imposant qui, derrière un prénom d’homme, révèle « une femme à pendre ». Une femme, à prendre. Un peu fatale un peu minette, elle chante des chansons d’amour qu’elle murmure ou qu’elle hurle : on passe d’une note douce à un cri de vocalise, la voix est sure et comme tremblante pourtant. Robert aime jouer à hoqueter les mots, c’est sa manière à elle de parler des hauts et des bas, au point que parfois elle suffoque plus qu’elle ne chante. A croire que l’amour et la mort, c’est la même chose.
Le souffle est si profond qu’il nous rappelle à des amours d’antan, celles que l’on porte à Barbara. Et en une seconde la chanteuse se transforme en drôlerie comique, elle quitte la sourde, l'aveugle et les six pieds sous terre, elle fait voguer sa « Jupe »: ce serait plutôt du Lio second degré, une brune qui veut pas compter pour une prune. Pas de superflu dans cette mise en scène au décor « Cartouche » (sans Belmondo !), pas de danseuses, la danseuse c’est elle, qui fait valser ses pompons comme une cerise sur un gâteau. Elle en fait trop ? Peut-être, elle est l’excès incarné, l’excès d’aigus et de masques : par nature elle en fait trop, à croire que c’est une manière de se cacher. Il y a un sacré guitariste tout de noir vêtu (Arnaud Quevedo dit Nohks), qui s’éclate derrière son chapeau : sorcier ou magicien, il accompagne la comédienne lyrique qui, derrière ses dénivelés, assure une continuité de rythme assez frappante.
On n’était pas partis conquis, on n’était pas même partis en spécialistes, on était partis à la rencontre de quelque chose, quelqu’un. En ce sens on ne peut pas être déçus, même si l’on comprend aisément que ces sons-là soient insupportables à certains : Robert s’appréhende comme une artiste d’ailleurs, elle est à la fois femme enfant et rockeuse, elle se meut sur scène comme une môme qui s’éclate à faire son show, elle se meurt parfois, disparaît dans des pas de crabes, la voilà à quatre pattes… « C’est un animal étonnant » avait écrit Barbelivien il y a bien longtemps à propos d’une autre femme (« Elle », qui avait des châteaux de paille aussi, d’ailleurs). Robert est cet animal, totalement femme et fatalement androgyne.
Reste à savoir si vraiment elle a l’envie qu’on la comprenne. La diction est volontairement imparfaite, parfaitement soufflée pourtant : floutée comme dans un effet de style. Au final Robert s’impose comme un talent brut et brutal, une artiste opaque qui se met en vitrine pour créer ce personnage, performant c’est sûr, émouvant aussi, dans ce qu’il cache. Car l’émotion est difficile à palper, on la croise dans le regard parfois, lourd d’un maquillage bleu ciel et noir, noir, noir. Des éclats que l’on retrouve quand elle murmure : Robert est plus touchante lorsqu’elle chuchote que lorsqu’elle crie, pourtant on a bien l’impression que ces excès de vocalises ne sont que pudeur. Alors quand elle s’en va pour ne pas fondre en larmes, il semblerait qu’elle ait réussi son pari, de toucher au cœur les fans certes, de toucher aussi ceux et celles qui se demandaient bien si tout ça était vrai.
A noter…
RoBERT à la Cigale Claviers : : Mathieu Saladin (piano, ordinateur, arrangements & compositeur) Gutares : Arnaud Quevedo dit Nohks & Cyril Maguy Batterie : Guillaume Charreau
En concert...
RoBERT donnera deux concerts dans le Nord Pas-de-Calais : à Dunkerque le 17 avril 2009 et à Lille/Comines le 18. Et à l'Olympia le 27 mars 2010 !
Le dernier disque...
L’album « Sourde et aveugle » de RoBERT En édition limitée avec DVD inclus Paru le 28 janvier 2009 21€ « Sourde et aveugle » sur Amazon
Le livre...
« RoBERT des non-dits » de Mathieu Saladin Préface RoBERT En pré-commande sur le site des éditions Micmac : www.editions-micmac.com En vente, en édition simple, en mars 2009. 232 pages. 29,90€
Site officiel : http://robertlesite.net/ Myspace Officiel : www.myspace.com/frenchsingerrobert Facebook : www.facebook.com/inbox/?ref=mb#/profile.php?id=1171839356&ref=ts
Auteur : Axelle Emden pour CultureCie.com

« This is the hello monster ! » : Bonjour, Gérald K.
Paru fin mars 2010, « This is the hello monster ! » est le premier mini-album d’un drôle de type nommé Gérald K. Entre douce électro mélodique et pop mélancolique, ce petit monstre séduit. Jeudi 29 avril, il tiendra son récital pop folk avant-gardiste aux Trois Baudets à Paris. Artiste OVNI, album minimaliste, frissons multiples.






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