


 
Kokia : la Diva du soleil levant
Elle est la Japonaise qui vend le plus de disques en France. Star dans son pays avec à son actif une dizaine d’albums, elle vient de faire un passage remarqué à Paris, où elle suscite un engouement inattendu. Son dernier album, plus dans la romance que dans le rock, est un enchantement.
Très étonnante sur scène, cette jeune femme menue qui s’y tient debout sans presque bouger, comme par timidité. La scène semble trop grande pour elle. Pourtant sa présence hypnotise les spectateurs, toutes origines confondues. La barrière de la langue semble avoir été abolie. Elle chante en japonais bien sûr, mais glisse de temps à autre des mots d’italien, d’anglais. Sur son dernier (et double) album figurent plusieurs chansons en anglais. Ce ne sont pas les meilleures. Trop préoccupée à « faire comme » les chanteuses à voix d’outre-Atlantique (ces lamentos traînants qui parasitent tout), elle perd de cette authenticité, de ce naturel qui font la qualité des titres chantés en japonais, heureusement très majoritaires.
Auteur et compositeur, Kokia a un autre atout : sa voix. Sa formation de chanteuse d’opéra y pourvoit bien sûr. La musique, elle est tombée dedans à l’âge de trois ans en commençant le violon. Pas étonnant quand on écoute ce disque d’y entendre de tels mélanges. Même si la tendance est à la balade un peu acidulée, des sonorités venues d’ailleurs trouvent leur place dans ces douces mélodies. Ainsi ces guitares andalouses sur ce titre dans une langue qu’elle a inventée. Mais c’est au japonais que va la primeur. Cette langue dont on découvre qu’elle peut être très mélodique, à des années lumières de dialogues cassants de certains films de Kurosawa ou autres.
Les thèmes soulevés dans les chansons sont à l’aune de cette douceur qui nimbe l’ensemble du disque. Grâce au livret traduit en Français, une part du mystère Kokia est levée. Beaucoup de romantisme dans ces textes. Beaucoup de chants d’amour adressés comme des prières. Beaucoup d’humanisme aussi, de pacifisme. Le tout assez magistralement orchestré, plus dans l’intimisme que la grosse artillerie. Voilà un CD que l’on peut écouter aussi bien par curiosité et dépaysement en se laissant simplement porter par cette qualité d’enregistrement (après tout, tout le monde ne comprend pas ce qu’il écoute même avec les standards anglo-saxons) qu’en allant fouiller un peu plus dans les textes qui méritent une attention particulière. Une artiste attachante, hors normes. A découvrir.
A noter...
Kokia « Balance » Paru le 20 mai 2009 chez Wasabi records 20€ env. Commander sur Amazon
Un best-of : « Pearl, The Best Collection », 2006, Discmedi, 17€ env. Commander sur Amazon
Sur le web…
www.wasabi-records.fr
www.myspace.com/wasabi_records
www.myspace.com/kokiavoice
Auteur : Franck Bortelle pour CultureCie.com

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