Spencer Tunick, créateur des nus anonymes
Spencer Tunick est né en 1967 dans l'État de New York. Il vit et travaille à New York. En 1992, il réalise sa première photographie avec des modèles nus dans les rues de sa ville, puis poursuit dans d'autres grandes villes américaines. Sa renommée grandissant, il conçoit ses oeuvres dans quelques grandes capitales à travers le monde : Londres, Melbourne, Montréal, São Paulo et Vienne.
Au coeur de sites naturels ou urbains, l’artiste a organisé plus de 75 mises en scène à travers le monde, réunissant à chaque fois des centaines ou milliers de volontaires posant nus.
Spencer Tunick ne se définit pas lui-même comme photographe, mais comme créateur d'installations, la photo n'étant que la représentation de ses oeuvres. En juin 2003, il réunit 7 000 Espagnols pour participer à une série d’installations à Barcelone. Le 11 septembre 2005, il réunit 1 493 personnes à Lyon pendant la biennale. Il réalise 5 installations à Mexico le 6 mai 2007, avec au total 18 000 personnes nues.
Engagement & environnement
En août 2007, déjà et pour la première fois aux côtés de Greenpeace, il met en scène une intense illustration du lien tragique entre l’homme et le climat en faisant poser 600 personnes sur le glacier Aletsch, le plus grand d’Europe.
Tous ses modèles sont des volontaires, non rémunérés et uniquement récompensés par la remise de la photographie sur laquelle ils ont posé, dédicacée par l'artiste.
Les installations de Spencer Tunick créent des situations suspendues, durant lesquelles les participants vivent une expérience différente, comme hors de la société alors même qu'il s'agit de luttes transcendant le social - luttes écologiques, combats environnementaux.
Désacralisant la nudité en photographiant de petites foules aux corps ordinaires, l'artiste bouleverse les repères habituels du spectateur face à la photographie : loin de la photographie publicitaire, qui pourtant s'inspire depuis quelques années des "vrais gens", loin aussi de la photo d'art ou de la photo de mode, même quand elle a pu réunir des top models nu(e)s pour lutter contre les vêtements en fourrure, ses photos apparaissent, en effet, comme de véritables installations, indissociables du contexte dans lequel elles ont été prises, et du même coup du but pour lequel elles ont eu lieu. Installations donc, en ceci qu'elles constituent un événement, une réunion, un inédit, à chaque fois. Reste, parès, uniquement une trace, photo oblige.
En 2009, toujours avec Greenpeace, l'artiste réunit 700 personnes, toujours nues, dans les vignes françaises, pour lutter contre les changements climatiques (photo d'ouverture).
Auteur : A.E. pour CultureCie.com