« Astérix aux Jeux Olympiques » de Frédéric Forestier & Thomas Langmann: un navet bling-bling
"Astérix aux Jeux olympiques" est le troisième volet de l’adaptation cinématographique des aventures d’Uderzo. Cette superproduction à la française dotée d’un casting 100% people est un navet bling-bling qui n’a de cesse de nous en mettre plein la vue sans jamais parvenir à nous faire rire.
Par Raphaël Grasco
Le pitch...
Pour remporter les Jeux Olympiques et permettre au jeune Alafolix d'épouser la Princesse Irina, Astérix et Obélix devront affronter le machiavélique Brutus, fils de César, au cours d'une Olympiade.
La critique [assassine]...
Autant le dire tout de suite, le ratage est à la hauteur des sommes investies - 78 millions d'euros! L’histoire est poussive et sans rythme, les gags échouent lamentablement les uns après les autres et la mise en scène est plus qu’approximative. Surtout, jamais on ne retrouve la fraîcheur et l’humour de la bande dessinée d’Uderzo.
Dans l’opus précédent, Alain Chabat avait choisi de revisiter la BD avec comme constante l’humour si particulier qui avait fait le succès des Nuls. Au contraire, "Astérix aux Jeux Olympiques" n’est qu’une succession aléatoire de parodies de films cultes ("Ben-Hur", "La guerre des Etoiles"...) et d’auto-parodies (Delon, Lalanne…). Cet ensemble trop décousu ne parvient jamais à nous divertir. Benoît Poolvoerde en Brutus se démène comme un beau diable pour nous arracher quelques sourires mais ne parvient qu’en de rares occasions à combler la vacuité indigne du scénario.
Et c’est la démarche qui dérange. On assiste pendant près de deux heures à un défilé de célébrités de la téloche qui vampirise tout le film. Tout y passe : des hordes de comiques, des sportifs milliardaires, des chanteurs cultissimement ringards, des mannequins amorphes et des acteurs retraités.
Thomas Langmann, producteur/scénariste/réalisateur de cet atroce galimatias, fait peut-être à son insu basculer le marketing au cinéma dans une nouvelle ère. Fini le placement de produit version James Bond avec sa montre Omega et sa décapotable Aston Martin. Désormais ce n’est plus l’objet qu’on vend, c’est le people qui représente la marque. Entre les comiques vendeurs de dvds, les sportifs hommes-sandwichs, les acteurs cachetonneurs et Alice la reine de l’adsl, on assiste à deux heures de réclame masquée, dans un décor carton pâte labellisé Astérix.
Quelques détails quand même…
Avec ses 78 millions d’euros de budget, "Astérix aux Jeux Olympiques" est le deuxième film le plus cher de l’histoire du cinéma français.
Clovis Cornillac remplace Christian Clavier dans le rôle d’Astérix, Gérard Depardieu conserve les braies d’Obélix.
Ce film marque le retour d’Alain Delon sur le grand écran, après huit années de retraite.
La presse en parle et on en rit…
« Astérix, c'est de la merde. » Chronic’Art - Jean-Philippe Tessé
« Un Astérix consternant d'indigence, aux gags mal écrits et faisant défiler les caméos de milliardaires du sport (...) totalement inefficace. » Les Inrockuptibles – Jean-Marc Lalanne
« En panne d'intrigue, le film s'en remet à une succession de gags pas toujours drôles et inexplicablement inachevés. » Métro – Jérôme Vermelin

A noter ???
« Astérix aux Jeux olympiques »
Réalisé par Thomas Langmann & Frédéric Forestier
Avec Benoît Poolvoerde, Alain Delon, Gérard Depardieu, Clovis Cornillac,
Stéphane Rousseau, Vanessa Hessler, Jean-Pierre Cassel, Elie Semoun, Franck
Dubosc, Jamel Debbouze, Francis Lalanne, Zinedine Zidane, Tony Parker, Amelie Mauresmo, Michael Scumacher...
Date de sortie : 30 janvier 2008
Durée : 1h53
Sortie DVD: 22 août 2008
Lien Amazon au cas où
Liens:
www.asterixauxjeuxolympiques.com
« Le bruit des glaçons » : sous le tropisme du cancer
Cinq ans que Bertrand Blier n’avait pas montré le bout de sa plume acerbe au style reconnaissable dès la première réplique. Cinq ans d’absence qui se soldent par une double actualité. Il sera au théâtre à la rentrée mais rien de mieux pour attendre ce rendez-vous des planches que d’aller se rafraîchir dans les salles au « Bruit des glaçons ». Un bon cru, de nouveaux comédiens et, surprise, beaucoup de tendresse. Blier s’assagirait-il ? N’exagérons rien…