



« Midnight Meat Train » : en gore et encore !
Malgré une outrancière et bien inutile stylisation, ce cauchemardesque « railway movie » offre un panel de scènes délicieusement cradingues où le gore est roi. Un scénario intelligent qui flirte avec le second degré et des comédiens excellents font oublier quelques baisses de régime de mise en scène et un final qui manque de subtilité.
Le pitch...
Un photographe doit présenter deux ultimes clichés à la directrice de la galerie disposée à l’exposer. Pour aller plus loin dans la véracité du cliché citadin, il prend en filature un boucher qu’il soupçonne d’être à l’origine de mystérieuses disparitions dans le métro…
La critique de Franck Bortelle…
Qu’on se le dise : elle est révolue, l’époque des films d’été qu’on exhumait des fonds de tiroirs, irrécupérables navets à ne mettre sous aucune rétine de cinéphile. Et si ce « Midnight Meat Train » peut laisser supposer un film d’horreur de plus, dont on cale la programmation au plus creux de la vague estivale histoire d’attirer quelques inconditionnels d’hémoglobine, la réalité est tout autre. Certes, nous sommes loin de la maîtrise implacable des meilleurs Craven ou Carpenter. Mais les défauts de cette production en font aussi le charme.
Avec un scénario assez bien ficelé, cette histoire de boucher qui n’hésite pas à faire des heures supp’ en transformant ses victimes en tas de barbaque vaut bien le détour. Assumant parfaitement son étiquette gore, avec ses scènes d’une totale abjection (le boucher qui collectionne ses scrofules dans le formol décrochant le pompon du purement gerbant), le film de Ryuhei Kitamura s’octroie une place honorable dans le genre, naviguant sans cesse entre premier et second degrés. Car au fond, le voyeurisme qu’incarne à la perfection le très charismatique Bradley Cooper se retourne contre lui avec une force inouïe et assez jubilatoire même si la parodie n’est guère au rendez-vous.
On regrettera simplement cette stylisation outrancière dans le maniement de la caméra, conférant à l’ensemble une tessiture un peu trop « clipesque » qui détourne souvent l’attention du propos. Le final, prévisible diront certains, aurait pu quant à lui éviter cette grandiloquence dans le carnavalesque mort-vivant à la Romero sans perdre une once de sa puissance horrifique. Ces deux bémols mis à part, cette boucherie savamment orchestrée réjouit à force de débecter. Les autres comédiens y ont leur part de mérite, à commencer par le monumental Vinnie Jones, muet comme un steak tout le long du film (il prononce un mot à la fin !). Preuve que si la parole est d’argent, le silence est d’horreur…
A noter…
« Midnight Meat Train » Réalisé par Ryuhei Kitamura Avec Bradley Cooper, Vinnie Jones, Brooke Shields USA, Epouvante-horreur Durée : 1h 25min. Interdit aux moins de 16 ans Sortie le 29 juillet 2009
En DVD le 12 janvier 2010
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Première publication de cet article : juillet 2009
Auteur : Franck Bortelle pour CultureCie.com


« Le bruit des glaçons » : sous le tropisme du cancer
Cinq ans que Bertrand Blier n’avait pas montré le bout de sa plume acerbe au style reconnaissable dès la première réplique. Cinq ans d’absence qui se soldent par une double actualité. Il sera au théâtre à la rentrée mais rien de mieux pour attendre ce rendez-vous des planches que d’aller se rafraîchir dans les salles au « Bruit des glaçons ». Un bon cru, de nouveaux comédiens et, surprise, beaucoup de tendresse. Blier s’assagirait-il ? N’exagérons rien…




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