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« Watchmen » : le plus dépressif des films de super héros
Pas trop tôt ! Vingt ans qu’on l’aura attendu, ce satané film ! Deux décennies que la galaxie geek se fige régulièrement aux sirènes d’une adaptation au grand écran de LA bande dessinée réputée inadaptable depuis sa parution en 1986. Sans jamais rien voir venir. Et pour cause : Terry Gilliam, Darren Aronofski, Paul Greengrass et une flopée de scénaristes s’y sont cassé les dents avant qu’en 2006, le franc tireur Zack Snyder ne supplie – et convainque - le studio Warner de lui confier les rênes d’un film qu’il n’envisage pas autrement que fidèle à l’œuvre d’Alan Moore et Dave Gibbons.
Le pitch…
Amérique, 1985. Le Comédien, ex membre de l’équipe de super héros désormais dissoute Les Gardiens, est sauvagement assassiné chez lui. Rorschach, l’un de ses anciens complices, mène l’enquête et tente d’avertir le reste du groupe que le meurtrier pourrait aussi s’en prendre à eux. Mais un complot d’une toute autre envergure se cache en fait derrière la mort du malheureux.
La critique de John Plissken…
Le triomphe en salles de « 300 » laissera logiquement les coudées franches à Zack Snyder et, malgré ses quelques défauts, « Watchmen » a au moins cet immense mérite : s’imposer comme le « film de super héros » le plus radical qui soit. Interdit aux moins de douze ans en France (et aux mineurs non accompagnés aux Etats-Unis), « Watchmen » prend tous les risques pour un blockbuster de 100 millions de dollars jouant dans la cours « super héros » : du sang (beaucoup), du sexe (une scène mais torride), aucun acteur célèbre, un seul personnage vraiment doté de super pouvoirs (le demi-dieu Dr Manhattan) et qui exhibe devant la caméra un superbe pénis bleu fluo, une histoire criblée de flashes-back et qui prend son temps (2h40) et surtout, une noirceur absolue massacrant à gros coups de masse 70 ans d’histoire du mythe super héroïque.
Au gré d’un inoubliable générique d’ouverture où, au son du « A time they are a changin » de Bob Dylan, le spectateur assiste au déprimant résumé de l’ascension puis la déchéance des héros costumés, une bande de farfelus casse-cous plus motivés par le fun d’une vie hors normes que par un vrai sens aigu de la justice. A mesure que les uns et les autres sombrent dans la folie, l’alcool ou sont déclarés illégaux voire froidement abattus, la séquence associe leur tragique histoire à celle d’une Amérique sombrant elle aussi dans un écrasant chaos moral. Passée cette introduction à la poignante mélancolie, l’action, comme dans la BD (fi-dé-li-té !), démarre en 1985, dans une réalité alternative où l’Amérique a gagné la guerre du Vietnam grâce aux pouvoirs nucléaires du Dr Manhattan et où Richard Nixon effectue son 5e mandat de président.
C’est précisément la puissance divine du Dr Manhattan, ex-physicien devenu en 1959, à la suite d’une expérience malheureuse, un surhomme omnipotent capable de raser la planète, qui accélère la course à l’arme atomique dans les pays du bloc soviétique. Dans « Watchmen », les héros ne sauvent ni le monde (bien au contraire…) ni eux-mêmes et ne forment même pas une équipe soudée comme « Les Quatre Fantastiques » ou les « X-Men ». Ils sont au choix psychotiques incontrôlables (Rorschach), assassins sans scrupule au service de l’Etat (Le Comédien), égocentriques illuminés (Ozymandias) ou retraités bedonnants (Le Hibou)… A la veille de l’apocalypse, promise aux douze coups de minuit, aucun ne sera en mesure d’empêcher le funeste complot du film de s’accomplir, pas même le Dr Manhattan. Bonjour l’angoisse ! Dans la même logique déconstructiviste que « The Dark Knight » mais en infiniment plus radical et distant de son objet, « Watchmen » n’est pas forcément un film agréable à regarder. Opaque, élégiaque (via les envoûtants soliloques du Dr Manhattan), réflexif, excessif, baroque, offrant plusieurs degrés de lecture… Les néophytes de la BD risquent de n’y comprendre goutte, voire de s’ennuyer ferme devant un film aux rares – mais foudroyantes – scènes d’action. Visuellement, le traitement suit la même démarche qu’un « Sin City » ou un « 300 », à savoir une reproduction parfois case par case du matériau d’origine : le résultat est tout simplement sublime.
Epopée dépressive et nihiliste, parenthèse 100% adulte dans un genre filmique destiné aux ados, « Watchmen », avec ses lourdeurs et ses quelques fautes de goût, est un sale trip qui scie la branche sur laquelle il est pourtant assis. Mais il le fait avec un tel panache et une telle intégrité, voire témérité commerciale que, forcément, lorsque les lumières se rallument, un sentiment s’impose : le respect.
Le blog de John Plissken from Mars: www.jpmars.com
A noter…
« Watchmen – Les Gardiens » Réalisé par Zack Snyder Avec Jackie Earle Haley, Patrick Wilson, Malin Akerman…
Film américain, britannique. Genre : Science fiction, Drame, Action Durée : 2h 43min. Année de production : 2008 Interdit aux moins de 12 ans Distribué par Paramount Pictures France
Date de sortie : 04 mars 2009 En DVD dès septembre 2009
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Watchmen d’Alan Moore et Dave Gibbons Paru le 18 février 2009 ChezMarvel Panini France Collection : Panini Comics 28€50 Lien Amazon

Watchmen (intégrale) - réédition Paru le 26 septembre 2007 Chez Marvel Panini France Collection : DC Absolute 552 pages Lien Amazon

Watchmen - Bande originale du film CD audio Paru le 23 février 2009 Chez Warner bros 15,95 € Lien Amazon
Auteur : John Plissken pour CultureCie.com

 
A Barbès, le Louxor renaît de ses cendres
Quelques peintures défraîchies de pharaons et autres morceaux de mosaïques… Voilà tout ce qu’il reste du Louxor, ancien « palais du cinéma » construit en 1921, et laissé à l’abandon pendant plus de vingt ans. Racheté par la Ville de Paris en 2003, ce joyau du 7ème art, emblème du style néo-égyptien, devrait (enfin) renaître de ses cendres d’ici 2013, grâce à un programme de réhabilitation qui tentera de conjuguer patrimoine et modernité. Un chantier ambitieux démarré début mai.




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