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« X Men origins : Wolverine » : un naufrage artistique griffé Fox…
Chronique d’un ratage annoncé… Car oui, pour la faire simple, «Wolverine» est un ratage intégral.
Chronique d’un ratage annoncé… Car oui, pour la faire simple, «Wolverine» est un ratage intégral. Pas forcément irregardable, via quelques (très) maigres atouts. Mais totalement à côté de la plaque, de son sujet, du personnage… Une super plantade, quoi. Et une nouvelle trahison éhontée pour le studio Fox qui, non content d’avoir artistiquement assassiné trois franchises clé de la Marvel avec «Daredevil», «Les Quatre Fantastiques» et «X Men 3», découpe en rondelles notre bon vieux Wolverine.

Par John Plissken

Le pitch…

Né pendant la guerre de sécession, l’increvable mutant Logan traverse le siècle côte à côte avec Victor, son frère maléfique doué des mêmes pouvoirs. Après avoir rejoint une milice de super mercenaires conduits par le vil général Stryker, il décide finalement de tout plaquer et part couper du bois au Canada (véridique). Mais lorsque sa bien-aimée se fait trucider, Logan cède à ses démons et accepte la proposition de Stryker : se laisser greffer sur tout le squelette un métal indestructible pour devenir Wolverine, « l’arme X », et venger sa douce. Évidemment, il y a un loup… et pour le spectateur aussi.

La critique…

Wolverine superstar des super héros

Wolverine : l'intégrale 1989 par Chris Claremont, Peter David, Archie GoodwinWolverine. Un mutant culte, apparu pour la première fois en 1974 dans les pages du comic book « L’Incroyable Hulk », avant d’être récupéré l’année suivante par les « X Men ». Les vieux lecteurs de « Strange » s’en souviennent peut-être (levez vous que je me sente moins seul !) : Wolverine, rebaptisé à l’époque Serval dans les traductions françaises, prit vraiment du galon au début des années 80 sous l’impulsion du nouveau tandem créatif Chris Claremont (scénario) et John Byrne (dessin). Les deux artistes en firent, sous leur règne, le super héros le plus « badass » de l’écurie Marvel.

Homme et bête sauvage à la fois, plus vieux que nos grands pères mais frais comme un gardon grâce à son pouvoir d’auto régénérescence, Wolverine nous fascinait avec ses griffes rétractables (« snikt ! »), sa nature de tueur sous contrôle rongé par ses instincts, son romantisme contrarié (il kiffait Phénix en secret, l’animal !) et ses origines toujours plus complexes et terrifiantes. Un passé exploré, entre autres, par les mini séries cultes « Wolverine » (signée Frank Miller et Claremont en 1984) et le très gore « L’Arme X » (Barry Windsor Smith, 1994). Des best sellers, of course.

La rencontre fusionnelle sur grand écran entre l’excellent Hugh Jackman et le griffu soupe au lait acheva de propulser Wolverine au rang de superstar des super héros, presque à l’égal de Superman, Batman ou Spider Man. Rendez vous dans n’importe quelle convention de comics aux Etats-Unis : les zinzins affublés de fausses griffes en allu et coiffés façon Wolvie pullulent à chaque coin de stand. Bref : on l’aime notre Logan, la Fox le sait et nous l’a pourtant mis en pièces.

Edulcoration schizophrénie escroquerie

« X Men origins : Wolverine », Hugh JackmanPremier écueil : la schizophrénie d’un long métrage qui prétend nous conter l’histoire du personnage le plus violent des X-Men, tout en prenant soin de rester tout public. Equation impossible. Dans « L’Arme X », la BD, la scène de la greffe d’adamantium (le fameux métal incassable) sur les os de Logan prenait des allures de crucifixion. Le sang débordait des pages, les hurlements du supplicié résonnaient à  nos tympans… Dans le film ? Rien. Pas une goutte, juste quelques aiguilles plantées dans le corps, des boutons activés par des blouses blanches, un ou deux cris braillés par Jackman à poil immergé dans un cube transparent… Effroi zéro. L’acte de naissance de Wolverine en tant qu’ « arme X », moment capital dans la mythologie du personnage, vous remue ici autant que l’achat d’un seau de pop-corn.
L’édulcoration tous azimuts se fait aussi cruellement sentir sur le personnage de Victor Creed, alias Dents-de-sabre, le frère psychopathe de Logan. Il éviscère et déchiquette allègrement, mais toujours proprement. Jamais un plan sur ses victimes ou ses mains tâchées de sang. On a bien compris à ce stade qu’un des seuls buts de Wolverine est de faire vendre un maximum de figurines aux mioches (y a de quoi faire avec la douzaine de mutants à l’écran), mais il n’empêche : on enrage d’assister à pareil nivellement d’une violence pourtant au cœur du sujet.

« X Men origins : Wolverine » de Gavin Hood, avec Hugh JackmanPlus grave encore : le scénario, dont l’abus d’ellipses et d’invraisemblances confine à l’escroquerie. Les personnages se déchirent sous nos yeux, se battent, souffrent, hurlent à la mort…. mais, faute d’une construction dramatique élaborée de leurs motivations, restent désespérément désincarnés. Juste après ses aventures au Nigéria, on découvre sans transition Logan transformé en Charles Ingals au Canada, dans une grande maison en pleine montagne avec sa nouvelle dulcinée, une institutrice. Comment en est-il arrivé là ? Comment se sont-ils rencontrés ? Pourquoi tient-il tant à elle ? Et la baraque, elle est à qui ? Pas de réponse. Résultat : on ne croit pas une seconde à la douleur de Logan après le meurtre de sa douce. Des raccourcis rafistolés comme celui ci, le film en regorge. Tout comme des idées de scénario d’une bêtise crasse : un scientifique explique à Stryker qu’il faut des balles en adamantium pour tuer Logan (pourquoi ? C’est un loup garou ?). Puis qu’en fait non, mais qu’une balle en adamantium dans la tête effacera sa mémoire (ha bon, en vertu de quoi ?).

Au fur et à mesure de cette chronique, je réalise en fait que je pourrais remplir des pages entières des tares de cette Bérésina signée pourtant Gavin Hood (Tsotsi). La laideur des effets spéciaux (au hasard : les griffes en image de synthèse cheap de Logan), l’humour crétinoïde, la mollesse de l’intrigue, les quintaux d’incohérences (Stryker claque 500 millions de dollars pour « fabriquer » Wolverine puis ensuite veut le tuer), un rebondissement final joyeusement portnawak…. A sauver du néant : les jeux de Hugh Jackman et Liev Schreiber, une ou deux scènes d’action potables (le minimum), l’apparition de Cyclope ado… Trop peu, trop tard. La trahison fait mal. Encore un héros terrassé par la méthode Fox. Remboursez !

Le blog de John Plissken from Mars: www.jpmars.com

« X Men origins : Wolverine » de Gavin Hood, avec Hugh Jackman
A ne pas noter…

« X Men origins : Wolverine », de Gavin Hood.
Avec Hugh Jackman, Danny Huston, Liev Schreiber

Film américain.
Genre : Fantastique, Science fiction, Action
Durée : 1h 45min.
Année de production : 2009
Distribué par Twentieth Century Fox France
En salles depuis le 30 avril 2009

En DVD le 29 octobre 2009
Lien Amazon
"X-Men Origins : Wolverine" version Blu-ray
Déjà disponible en précommande sur Amazon.fr

Wolverine : à lire...

"Wolverine : l'intégrale 1989" par Chris Claremont, Peter David, Archie Goodwin

"Wolverine, Tome 3 : L'intégrale" par Archie Goodwin, Larry Hama, Jo Duffy, et Peter David (Album - 18 février 2009)

"Wolverine : Les origines" par Paul Jenkins, Bill Jemas, Joe Quesada, et Andy Kubert (Album - 25 mars 2009)

"Wolverine: Origin" par Andy Kubert, Paul Jenkins, Joe Quesada, et Bill Jemas (1 avril 2009)

"Wolverine : Arme X" par Barry Windsor-Smith et Alex Nikolavitch (Album - 13 novembre 2008)

Tout Wolverine sur Fnac.com


Wolverine : l'intégrale 1989 par Chris Claremont, Peter David, Archie Goodwin Wolverine : Les origines par Paul Jenkins, Bill Jemas, Joe Quesada, et Andy Kubert (Album - 25 mars 2009) 





Première publication de cet article  : 3/5/2009

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Le 29-10-09 - 14:04

Auteur : John Plissken pour CultureCie.com

Voir: Architecture, Patrimoine & Design : Evénéements, Arts & ExpositionsVoir: Dans les salles
A Barbès, le Louxor renaît de ses cendres
La façade du Louxor en 2013. Visuel de simulation. © Illustration Architectes- Réalisation Art Graphique et Patrimoine

Quelques peintures défraîchies de pharaons et autres morceaux de mosaïques… Voilà tout ce qu’il reste du Louxor, ancien « palais du cinéma » construit en 1921, et laissé à l’abandon pendant plus de vingt ans. Racheté par la Ville de Paris en 2003, ce joyau du 7ème art, emblème du style néo-égyptien, devrait (enfin) renaître de ses cendres d’ici 2013, grâce à un programme de réhabilitation qui tentera de conjuguer patrimoine et modernité. Un chantier ambitieux démarré début mai.





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