



Les Frères Taloche
Sept nouveaux sketches et un ancien, incontournable : huit bonnes raisons d’aller applaudir les deux frangins, rois de la mimique et de l’humour bon enfant, qui convulsent de rire petits et grands grâce à un spectacle qui fait rimer dynamique et sympathique. Après leur succès au Trévise, les deux clowns de la meilleure trempe sont de retour à Paris dès le 5 août.
Par Franck Bortelle
On pourrait leur trouver une demi-douzaine de pères spirituels, tant leur spectacle fédère de références comme autant de publics. Mais surtout, car la référence pour la référence n’annonce pas le talent, on pourrait et devrait s’intéresser avant tout à eux, à leur travail, à leur inventivité créatrice, à leur démoniaque présence sur scène. Car à quoi bon se revendiquer de Tati (le cinéaste pour le jeu, le magasin pour leur costard délicieusement potache) si on se contente de faire du quasi muet sans être drôle ? A quoi bon connaître son « petit Marx Brothers illustré » sur le bout des facéties si ce n’est pas pour rendre hommage à leur sens du rythme et du gag millimétré ? A quoi bon avoir les Monty Pythons comme maîtres après Dieu (voire avant, si l’on en juge par un sketch délicieusement iconoclaste faisant rimer autel et bordel) si ce n’est pas pour réussir à transcender leur sens de la déconnade et le faire sien ?
On pourrait poursuivre ainsi avec Charlot le temps de quelques pas d’un Rambo 27 des plus chaplinesques,ou avec Tex Avery pour des anamorphoses faciales à rendre jalouse Charlotte Gainsbourg qui se disait « élastique dans ses gimmick » sous la houlette de son génial papa… Et quelques autres. En l’espace de sept sketches savamment orchestrés, les deux complices vont réussir quelque chose de rare : nous faire rire sans arrière-pensée, sans retenue, avec ce soupçon de réminiscence enfantine qu’on laisse trop souvent enfouis sous des couches de préoccupations d’adultes. Le spectacle est alors des deux côtés du rideau. Les gosses et leurs parents, voire grands-parents, se tordent d’un rire sonore quand la crème à bronzer semble arriver tout droit de Chantilly, ou lorsque le serveur footeux d’un tord-boyaux à la Pierre Perret se paie la tête d’un client un peu neuneu.
Cet humour qui prend appui sur l’amplification outrancière de nos gestes quotidiens jusqu’au burlesque ne tiendrait pas la route s’il n’y avait derrière tout cela un boulot titanesque. La performance doit être soulignée car c’est un sacré travail d’arriver à faire rire. Mais lorsqu’il atteint un tel niveau de précision comme dans ce sketch, assurément le meilleur, qui met en scène le chanteur Carlos Santana comme personne n’aurait jamais pu l’imaginer, c’est du génie scénique pur auquel nous convient ces deux rigolos. On en reste alors muet d’admiration. Mais le rire reprend vite ses droits car les facéties, les gags farcesques se taillent la part belle durant cette heure et demie de pur délire pour petits et grands. Un spectacle qui a pour noble et unique dessein de réunir dans la bonne humeur tous les âges. Chapeau !
A noter…
Les frères Taloche, nouveau spectacle Mise en scène : Emmanuel Vacca Avec Bruno Taloche et Vincent Taloche
Du 5 août au 02 octobre 2010 au Théâtre de la Gaîté Montparnasse
26 rue de la Gaîté 75014 Paris En tournée jusqu'en novembre 2010 : toutes les dates & les réservations sont sur Fnac Spectacles Bande annonce du spectacle : http://taloche.corniaudandco.com/index.php?pageid=6
Précédemment [CultureCie y était]...
Théâtre Trevise 14 rue Trévise 75009 Paris (Métro : Cadet) Du mardi au samedi à 20 heures, dimanche à 17 heures Durée : 1h20 Jusqu'au 02 janvier 2010
Auteur : Franck Bortelle pour CultureCie.com

Gauthier Fourcade : la trilogie
Après des dizaines de dates parisiennes avec son dernier spectacle, « Le Secret du temps plié », Gauthier Fourcade offre à son public une rétrospective. C’est à la Manufacture des Abbesses, l’un de nos théâtres favoris, que ce génial jongleur de mots vous invite à son généreux « remue méninges ». Les mots vont vous jouer des tours comme jamais. Trois excellentes raisons d’aller se balader vers Montmartre et de s’arrêter rue Veron…




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