



« Les Caprices de Marianne » selon Azzopardi
Entremêlant chant et jeu, Sébastien Azzopardi livre une adaptation lumineuse du chef d’œuvre de Musset. Entièrement au service du texte, sa mise en scène ne s’embarrasse d’aucun artifice ni d’accessoire superflu et accorde la priorité à des comédiens puissants. Brillant !
Il faut qu'un coeur soit ouvert ou fermé
Pour les chanceux qui ne connaissent pas encore la pièce, « de quoi ça parle ? »
Naples est en plein carnaval. Pourtant Coelio est malheureux comme les pierres car éperdument amoureux de Marianne. Laquelle, mariée à Claudio, magistrat napolitain d’influence et beaucoup plus âgé qu’elle, refuse de répondre à ses sérénades appuyées. L’ami Octave, cousin de Claudio, épicurien notoire au don-juanisme avéré, joue les intermédiaires entre Marianne et Coelio…
La critique de Franck Bortelle…
Regardez l’affiche et laissez vous guider, cédez à la tentation, succombez à la séduction. Une jeune femme, chevelure rousse léonine tombant sur les épaules, le visage caché d’un masque coloré ne laissant percer que son regard azuré. Elégance et raffinement qui donne le ton.
Ce sont les voix de stentor de Frédéric Imberty et Richard Delestre qui ouvrent le bal. Impressionnantes. Certes, leur tessiture ne semble guère cadrer avec ce qu’on imagine d’une ambiance carnavalesque, d’autant que le décor suit, constitué de tentures noires légèrement transparentes circonscrivant un demi-cercle à l’intérieur duquel se jouera le drame.
C’est pourtant cette noirceur doublée d’une monacale austérité qui constitue l’un des plus lumineux parti pris de la mise en scène de Sébastien Azzopardi. Car de cet écrin va jaillir tel un diamant brut, toute la puissance du texte de Musset, que souligneront des jeux de lumières d’une subtile intelligence. Du texte original, Azzopardi a gommé quelques personnages secondaires et éliminé tous les décors (presque une dizaine au total : un classique chez Musset) pour resserrer l’intrigue sur ce qui occupe alors toute la scène : les affaires de cœurs, les soupçons, les trahisons, les amours malheureuses.
Ils sont six sur scène à interpréter une dizaine de personnages. Six à défendre ce texte, l’un des plus beaux du répertoire. Les affrontements homériques entre Claudio et Octave, les minauderies de Marianne, les aveux transis de Coelio, les joies sadiques de Tibia rivalisent de précision dans la bouche de ces comédiens qui nous aimantent de leur présence scénique. Elisa Sergent, regard pétillant et démarche féline, propose une Marianne fine et d’une intelligence que l’on retrouve chez ses partenaires, de Frédéric Imberty et sa voix monumentale à Christophe de Mareuil. Ce dernier est un Octave gigantesque. Son charisme ravageur et son bonheur intense d’être sur scène avec ce texte sublime à défendre emportent tout sur son passage. Il allie tout ce qui fait les grands rôles et les grands comédiens. Un pur régal !
A noter absolument…
« Les Caprices de Marianne » D’Alfred de Musset Mise en scène : Sébastien Azzopardi Avec Elisa Sergent, Sébastien Azzopardi, Grégoire Bourbier, Frédéric Imberty, Richard Delestre ou Pierre-François Pistorio, Cindy Rodrigues Assistante mise en scène : Helen Harle Costumes : Christian Gasc Décor : Juliette Azzopardi Lumières : Mamet Maaratie Musique : Thomas Bellorini Maquillage : Pauline Panier Affiche : Samuel Guerrier Durée : 1h15
Prolongations Au Lucernaire 53 rue Notre-Dame-des-Champs 75006 Paris Du mardi au samedi à 21h30. Relâches du 26 juin au 4 juillet. Tous les dimanches à 15 heures sauf du 5 juillet au 6 septembre
Réservation : Fnac Spectacles (tarifs préférentiels pour les adhérents) 01 45 44 57 34 / www.lucernaire.fr
Photos : Lot
Auteur : Franck Bortelle pour CultureCie.com

 
Rencontre avec Manu Payet et Audrey Dana au Théâtre Edouard VII
Ils sont à l’affiche de l’un des spectacles les plus attendus de cette rentrée, qui marque le grand retour de Jean-Pierre Marielle sur les planches. Du beau monde au chevet d’un sujet théâtral comme le laisse supposer le titre, « Audition ». Outre l’immense comédien fétiche de Bertrand Blier (le fameux pot d’eau chaude dans « Les Acteurs », le gynéco mysogine dans « Calmos » ou le partouzeur dans « Tenue de soirée »), on retrouve sur l’affiche Jean-Claude Carrière pour le texte et Bernard Murat




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