



Prix Théâtre 13 : « La Coupe et les Lèvres »… comme un joli brouillon
Le Théâtre 13 fait son festival de printemps : six pièces, destinées à distinguer un jeune metteur en scène, sont en compétition du 9 au 28 juin 2009. Deux autres sont présentées hors concours. « La Coupe et les lèvres » est la première à concourir pour le prix. Œuvre de jeunesse à double titre : de son auteur et de la troupe qui la présente. Malgré une belle rage de jouer, le résultat déçoit à cause d’un évident manque de clarté dans la mise en scène. La volonté de faire original ne suffit pas.
DE QUOI CA PARLE ?
Un ado d’aujourd’hui se cherche. Il lit « La Coupe et les lèvres » de Musset. Progressivement le spectacle de la pièce se met en place. Il y est question également d’un ado, Frank, en quête d’identité, tombeur et manipulateur en proie à des doutes perpétuels sur l’image qu’il renvoie de lui.
LA CRITIQUE MITIGEE DE FRANCK BORTELLE…
Méconnue et très peu jouée, « La Coupe et les lèvres » annonce les chefs d’œuvre de Musset, des « Caprices de Marianne » à « Lorenzaccio ». Romantisme débridé, exacerbation des sentiments, personnages emportés dans le tourbillon des passions. La fulgurance du phrasé est déjà présente, rehaussée par de fougueux alexandrins. Cette versification n’aide guère une troupe qui se propose d’ajouter à ce texte ses propres phrases pour créer une intrigue en parallèle. Là où Isabelle Andréani, en écrivant un éblouissant prologue à « Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée », avait su trouver le juste ton pour créer une continuité parfaite, là où Sébastien Azzopardi, en intégrant des morceaux de bel canto aux « Caprices de Marianne » offre un spectacle artistiquement multidimensionnel, Maxime Kerzanet rate son adaptation en misant sur la rupture.
Une guitare basse, un matelas à même le sol, un magnétophone à cassettes et surtout un dialogue en complet décalage avec le spectacle que l’on s’attend à voir, vont envahir le texte original avant de s’y noyer, lorsque le panache des alexandrins et des comédiens qui les déclament déboulent sur scène. Du coup, cette perpétuelle oscillation entre Charybde et Scylla dont une mise en scène passablement brouillonne ne parvient qu’à obscurcir plus encore une intrigue déjà joliment noueuse, finit par lasser. Les recours à la musique pas plus que la ludique utilisation d’accessoires très naïfs ne viennent apporter un peu de légèreté à l’ensemble. Heureusement les comédiens tirent leur épingle du jeu, menés par François de Brauer, prodigieux dans le rôle principal.
Beaucoup d’ambitions donc. Beaucoup de travail aussi. Pas vraiment un gâchis. Plutôt le joli brouillon prometteur d’un metteur en scène qui manque encore un peu d’humilité et de simplicité.
A NOTER…
« La Coupe et les Lèvres » D’Alfred de Musset Mise en scène : Maxime Kerzanet Avec Grégoire Baujat, François de Brauer, Damien Houssier, Maxime Kerzanet, Aurore Paris, Sylvain Sounier Lumière : Virginie Watrinet Musique : Grégoire Baujat et Manuel Faivre
Présenté dans le cadre du Prix Théâtre 13/Jeunes metteurs en scène
Calendrier des représentations : - « La coupe et les lèvres » d’Alfred de Musset Mise en scène : Maxime Kerzanet (09 et 10 juin) - « Les Insomniaques de Juan Mayorga » Mise en scène : Anne Cosmao (12 et 13 juin) - « L’Ecole des bouffons » de Michel De Ghelderode Mise en scène : Cyril Cotinaut et Sébastien Davis (16 et 17 juin) - « Derniers remords avant l’oubli » de Jean-Luc Lagarce Mise en scène : Julie Deliquet (19 et 20 juin) - « La Cruche cassée de Heinrich von Kleist » Mise en scène : Thomas Bouvet (23 et 24 juin) - « Chaos debout » de Véronique Olmi Mise en scène : Nelly Morgenstern (26 et 27 juin)
Théâtre 13 103A Boulevard Auguste Blanqui 75013 Paris Réservations : 01 45 88 62 22 www.theatre13.com
Auteur : Franck Bortelle pour CultureCie.com

 
Rencontre avec Manu Payet et Audrey Dana au Théâtre Edouard VII
Ils sont à l’affiche de l’un des spectacles les plus attendus de cette rentrée, qui marque le grand retour de Jean-Pierre Marielle sur les planches. Du beau monde au chevet d’un sujet théâtral comme le laisse supposer le titre, « Audition ». Outre l’immense comédien fétiche de Bertrand Blier (le fameux pot d’eau chaude dans « Les Acteurs », le gynéco mysogine dans « Calmos » ou le partouzeur dans « Tenue de soirée »), on retrouve sur l’affiche Jean-Claude Carrière pour le texte et Bernard Murat




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