


 
« Cosmopolitain » - 3ème Festival Parisien de théâtre gay et lesbien
Après une déconvenue avec un des spectacles en compétition, le 3ème Festival Parisien de Théâtre gay et lesbien a trouvé sa vitesse de croisière. La première de « Cosmopolitain » a été très chaleureusement accueillie et il ne serait pas étonnant que cette pièce connaisse un succès –qui serait mérité- au-delà du cadre festivalier.
La cérémonie d’ouverture du 3ème Festival Parisien de Théâtre gay et lesbien a eu lieu mercredi 15 avril en présence du président, le comédien Jean-Claude Dreyfuss. Quelques banalités d’usage, les inévitables remerciements (sponsors et édiles)… passons. La traditionnelle phrase d’ouverture des festivités, puis le premier spectacle. On n’épiloguera pas sur cette pièce tout juste digne d’un spectacle de fin d’année scolaire de lycéens (pour le jeu… Car pour le niveau d’écriture on frôlait plutôt le primaire…) pour s’intéresser plutôt au reste de la programmation.
Forfait !
Mais avant tout, fait rarissime : un abandon en début de course. Ceux qui espéraient se régaler de l’énigmatique « Enfermement de la Chauve-Souris » pourront toujours en compensation se taper la saga des « Batman » ou s’abîmer les yeux sur la bien belle affiche du spectacle. Un des deux comédiens a déclaré forfait en pleine représentation. Espérons que le malheureux songe déjà à sa reconversion… La programmation va donc changer. Il semble que « Penetrator » va supplanter la chauve-souris.
En effet, ce spectacle au titre si plein de promesses semble se tailler une part de succès assez considérable. Nous y reviendrons très vite pour une critique dans ces pages. Pour l’heure, c’est la drôlissime pièce « Cosmopolitain » qui va nous occuper. La première, qui a eu lieu samedi soir, a récolté des tonnerres d’applaudissements. Très largement mérités.
Cocktail déconnant
Nous sommes dans un appartement parisien. Un couple hétéro. Madame reproche à Monsieur d’être un peu mollasson, de ne pas mettre assez de « coups d’accélérateur dans son existence » comme disait Dalle à Anglade dans « 37°2 ». Que n’a-t-elle pas dit là, la malheureuse ! Le soir, il déboule à la casba avec billet d’avion pour Katmandou, projet de construction d’école au Népal et tout l’attirail du parfait randonneur-alpiniste. En attendant la visite de ses beaux-parents pour une soirée d’anniversaire, la pauvre épouse se lamente. Elle n’est qu’au début de ses surprises…
Pas grand chose de gay/lesbien dans ce pitch ? Certes. Pourtant on est au cœur du propos et, une fois n’est pas coutume, les homosexualités féminine et masculine s’y embrassent allègrement. Sur fond de grosse « déconnade », le propos aborde avec finesse le racisme, l’homoparentalité, l’adoption, la pluralité ethnique. Que des sujets graves passés à la moulinette de l’humour vachard. Car c’est irrésistiblement drôle ! L’écriture remarquable de cette pièce en constitue la pierre d’achoppement. Le dialogue percutant recèle une pléthore de répliques qui tombent comme des bombes de gaz hilarant. Les situations et rebondissements sont gérés avec beaucoup d’acuité et de sens du timing, évitant sans coup férir le moindre temps mort grâce à une mise en scène, très resserrée (le spectacle dure un peu plus d’une heure) lorgnant vers le vaudeville.
Malgré quelques réglages à prévoir du côté de l’interprétation, les comédiens prennent un réel plaisir à nous divertir. Mention particulière à Cindi François qui révèle une dimension comique impressionnante et un potentiel énorme. A l’image de ce spectacle, de ce cocktail plus que déconnant… !
A noter…
« Cosmopolitain » Auteur : Philippe Nicolitch Metteur en scène : Catherine Mongodin Avec Jean Paul Figasso, Pierre Vorméringer , Cindy François, Charlotte Deyzac, Jocelyne Millet, Fabrice Milich
Dates & heures des 4 représentations pour le Festival • 18H : Samedi 18 Avril • 20H : Dimanche 19 Avril • 22H : Jeudi 23 Avril • 20H : Samedi 25 Avril
Crédits photos © Franck Bortelle 1. Jean-Claude Dreyfuss 2 & 3. « Cosmopolitain »
Liens:
cosmopolitain-festigay.blogspot.com
Auteur : Franck Bortelle pour CultureCie.com


« La Cuisine d’Elvis » : une tambouille trop peu relevée
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