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Voir: Théâtre contemporain : Spectacles à Paris & en tournée
« David et Edward », le triomphe d’Aumont & Duchaussoy
« David et Edward » de Lionel Goldstein. Michel Duchaussoy & Michel Aumont mis en scène par Marcel Bluwal
Affrontement au sommet de deux immenses comédiens qui défendent un texte subtil, très souvent drôle, mais d’un humour grinçant qui désacralise bien des angoisses. Michel Duchaussoy et Michel Aumont sont au Théâtre de l’œuvre dans une mise en scène de Marcel Bluwal jusqu’à la fin avril 2010. Qui peut résister à une telle affiche ?

Par Franck Bortelle

Trois grands Michel dans notre univers théâtral français. Deux d’entre eux (manque Galabru) se mettent à l’Oeuvre pour nous concocter un spectacle de haut vol.  Leur nom suffisent à remplir les salles et se lancer dans une critique de leur prestation peut sembler assez vain si n’était le plaisir légèrement nombriliste d’avoir « participé » à leur triomphe. Car, bien sûr, le public les acclame debout à la fin de la représentation. Mais précisons tout de même qu’ils le méritent… Amplement.

Ces deux comédiens qui cumulent plus d’un siècle de scène et plus de cent films au cinéma vont donc s’affronter dans une pièce mitonnée pour eux. Il y est question, dans les années 80, de deux hommes qui se croisent pour la première fois,  près d’une tombe fraîchement garnie. Drôle d’endroit pour une rencontre. L’un est le mari, l’autre l’ancien amant devenu ami et confident de la défunte. Au cœur du sujet : cette femme morte qui réunit autant qu’elle divise ces deux personnalités.


Quand Michel rencontre Michel

Michel Duchaussoy & Michel Aumont mis en scène par Marcel BluwalCes deux vieux briscards de la scène, Michel Duchaussoy et Michel Aumont, vont se livrer à ce genre d’exercice auquel ils sont rompus mais qu’ils accomplissent avec une déroutante facilité, sans cabotinage, avec respect. Avec ce petit truc en plus qu’on appelle la classe. Absolue. Le texte évoque les affres de la vieillesse, cet âge où « pisser est une occupation à plein temps » et qui fait regretter le temps passé. Mais la drôlerie avec laquelle tout est dit (« Quand j’étais jeune je savais boire, maintenant je sais tousser ») va désacraliser toute forme de morbidité (ce qui est un exploit, les trois quarts du spectacle se situant dans un cimetière) et laisser place à cette vie, ainsi que le suggère le décor très printanier, synonyme de renouveau, fait de pelouse et d’un arbre en début de floraison.

Il est aussi question bien sûr de ces étranges liens du mariage. Liens sacrés ou secrets, d’ailleurs ? Un peu des deux, comme peuvent l’être ceux de l’amitié. Comme le sont les rapports entre les individus. Car c’est finalement et avant tout ce qui nous lie à l’Autre dont il est question ici. De ce qu’on veut bien laisser échapper à celui qui n’est pas forcément notre compagnon légitime. Entre petites cachotteries et  gros mensonges, les langues se délient, faisant apparaître cette intangible vérité selon laquelle on ne connaît jamais celui qu’on croit avoir cerné, analysé et dont on est pourtant capable d’appréhender gestes et réactions. Ainsi est faite l’âme humaine.

Marcel Bluwal est à la mise en scène. Encore quelqu’un qu’on ne présente plus. Comme très souvent, ce grand bonhomme de la télévision et de la scène adopte la sobriété, convaincu à juste titre que ce sont les comédiens qui portent un projet. C’est dire qu’avec ces deux-là, il a tapé juste, une fois de plus.

A noter absolument…

« David et Edward »

De Lionel Goldstein
Mise en scène : Marcel Bluwal assisté de Anne Herold
Avec Michel Duchaussoy, Michel Aumont
Scénographie : Catherine Bluwal
Lumières : Jacques Rouveyrollis
Costumes : Claire Belloc

Théâtre de l’œuvre

55 rue de Clichy, 75009 Paris (métro : Place de Clichy)
Jusqu’au 30 juin 2010 (prolongations)
Du mercredi au samedi à 21 heures, matinée le samedi à 18h30, dimanche à 15h30.
Réservations : Fnac Spectacles, partenaire de CultureCie

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Le 05-02-10 - 22:49

Auteur : Franck Bortelle pour CultureCie.com

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« La Cuisine d’Elvis » : une tambouille trop peu relevée

Malgré des comédiens inspirés, le texte de Lee Hall, dont a été conservée la composante tragique au détriment de la verve cynique et drolatique, ne parvient pas à hisser ce spectacle vers des sommets. Ce huis clos familial tourne en rond malgré ses personnages attachants. Manque un piment dans cette cuisine jouée au Lucernaire : celui de la férocité…


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