



Prix Théâtre 13 : « Les Insomniaques » - En route pour un roupillon
Deuxième spectacle qui concourait pour le Prix Théâtre 13, « Les Insomniaques » aura déçu une fois passées les vingt premières minutes pourtant très prometteuses. Une pièce qui n’aurait pas figuré au programme de la Grande Dame Brune qui cherchait à « combattre ses insomnies »…
L’esquisse…
Un banal entretien entre deux voisins qui discutent dans un café alors que, lorsqu’ils se croisent en bas de chez eux, un rapide bonjour constitue leur seule base d’échange. Celui du dessus se livre alors à un chantage sur celui du dessous en lui faisant comprendre qu’il peut le dénoncer à la police pour séjour clandestin. Mais, en dépit de cette approche très coercitive, il cherche à s’en faire un ami…
La critique de Franck Bortelle…
Ca commençait tellement bien ! Celui de dessous manipulé par celui du dessus : ah, l’habile utilisation de la topologie des lieux ! L’asservissement de l’Homme par l’Homme, l’accent posé sur un sujet on ne peut plus brûlant de notre quotidien. Les comédiens sont bons en plus ! Quinze minutes où se mêlent tous les éléments prometteurs à souhait d’un grand moment de théâtre : du texte, du fond, de la drôlerie (celle-là même qui désacralise les sujets les plus graves), du jeu.
Merde alors, que s’est-il passé ensuite ? Tout est parti en eau de boudin. Le bavardage a pris place au sein d’un dispositif de mise en scène brouillon et bâclé où les comédiens tentaient de ne pas trop se prendre les pieds dans le tapis. L’arrivée d’une espèce de gourou grotesque ne risquait guère d’arranger les choses qui étaient déjà mal en point, le tout sous des lumières assez cra-cra, un décor immensément moche et des comédiennes pas toujours à l’aise.
Pourtant, c’est du Mayorga, cet auteur que Lavelli a magistralement mis en scène au théâtre de la Tempête récemment dans « Le Garçon du dernier rang ». On y retrouve d’ailleurs bien des thèmes qui lui sont chers, à commencer par ces rapports en perpétuel flux tendu entre les individus et leurs conséquences. Mais quand un texte détient déjà toute la puissance nécessaire, quand il s’auto-suffit comme c’est le cas chez Mayorga, à quoi bon le plomber par tant de maniérisme et de boursoufflures ? Le résultat est cruellement décevant et fait de ces « Insomniaques » le meilleur des somnifères. Un gros dodo…mmage donc…
A noter ?
« Les Insomniaques » de Mayorga Traduction : Yves Lebeau Mise en scène : Anne Cosmao Avec : Thierry Barèges, Alexandre Lachaux, Anne Mauberret, Rémi Sagot, Marine Segalen, Bertrand Waintrop Scénographie : Nicolas Ganter Décor et accessoires : Hélène Ferré Lumière : François Briault Musique : Rémi Sagot Production Tal-Compagnie Jean-Louis-Bihoreau Durée : 1h30
Présenté dans le cadre du Prix Théâtre 13/Jeunes metteurs en scène
Calendrier des représentations : - « La coupe et les lèvres » d’Alfred de Musset Mise en scène : Maxime Kerzanet (09 et 10 juin) - « Les Insomniaques de Juan Mayorga » Mise en scène : Anne Cosmao (12 et 13 juin) - « L’Ecole des bouffons » de Michel De Ghelderode Mise en scène : Cyril Cotinaut et Sébastien Davis (16 et 17 juin) - « Derniers remords avant l’oubli » de Jean-Luc Lagarce Mise en scène : Julie Deliquet (19 et 20 juin) - « La Cruche cassée de Heinrich von Kleist » Mise en scène : Thomas Bouvet (23 et 24 juin) - « Chaos debout » de Véronique Olmi Mise en scène : Nelly Morgenstern (26 et 27 juin)
Théâtre 13 103A Boulevard Auguste Blanqui 75013 Paris Réservations : 01 45 88 62 22 www.theatre13.com
Photo © Franck Bortelle / CultureCie
Auteur : Franck Bortelle pour CultureCie.com


Les Frères Taloche
Sept nouveaux sketches et un ancien, incontournable : huit bonnes raisons d’aller applaudir les deux frangins, rois de la mimique et de l’humour bon enfant, qui convulsent de rire petits et grands grâce à un spectacle qui fait rimer dynamique et sympathique. Deux clowns de la meilleure trempe sont de retour à Paris, au Théâtre Trevise.




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