



Bernard Azimuth : « Ah ! »... Un grand cri d’humour
Excellent comédien qui a parfaitement assimilé l’héritage de ses aînés, Azimuth nous livre un spectacle où il impose un style bien à lui, qui déclenche des fous rires à répétition.
Par Franck Bortelle
« Ah ». Deux lettres. Vous parlez d’un titre ! A part Costa-Gavras pour « Z », on a rarement fait mieux. Sauf que le A de « Ah », c’est pas le Z de « Z ». Entre les deux, il y a tout un monde. Tout un alphabet, qu’il serait bon de revisiter d’ailleurs (c’est lui qui le dit, dans un numéro méchamment drôle). Et puis cette onomatopée « Ah », il faut savoir comment la prononcer. On passera sur le « Ah » exhorté par votre dentiste avant qu’il vous fourre sa roulette de la douleur au fond des amygdales, Azymuth n’étant pas là pour vous faire tordre d’autre chose que de rire. Et il y parvient.
Ça commence par la raison qui pousse notre rigolo de service à ne pas vouloir se rendre chez ses amis, où il se rend quand même (« Ah, c’est toi ? »). Et ça se termine dans un avion avec les conseils complètement azimutés (forcément) d’un steward un peu court-circuité (« Aaaahhh, on va tous crever ! »). Entre les deux, pêle-mêle un comique slovaque, un plombier au phrasé bizarre, un bulletin météo, la lettre d’un neveu, une incruste téléphonique en règle pour un dîner et ce n’est pas tout.
Coluche, Pierre Repp et les autres
Les sketches ne s’enchaînent pas avec la précision du métronome. Ici point d’enfilement de sketches comme autant de perles au collier qui ornera le cou de Sainte-Bernadette à la soirée de gala de la prochaine « opération pièces jaunes ». Et pourtant, les perles, le bougre en a plein sa besace, qui tombent sans crier gare, souvent au moment le plus inattendu, et produisent de ces soulèvements spasmodiques qu’on dirait bien des rires. Des rires à gogo et gogorges déployées. Entre les tournures phraséologiques complètement barrées, les sorties de route moins incontrôlées qu’elles ne paraissent, les bafouillages à la Pierre Repp, le delta des possibilités de ce formidable comédien vaut bien celui du Nil lorsque certains de ses collègues se contentent de celui du nul.
Durant une heure et demie, c’est donc à l’aveugle que nous naviguons. Ayant fait de l’imprévisibilité son principal atout, Bernard Azimuth nous balade au gré de ses délires. C’est souvent immensément drôle : le dîner imposé par téléphone qui n’est pas sans nous rappeler le sans-gêne de « L’autostoppeur » de Coluche, ou encore la définition de la marée dans la lettre du neveu sont à se pisser dessus. Ça ne se regarde pas le nombril en permanence, ça flingue pas mal mais avec à-propos et une certaine tendresse pour les personnages. Et bien sûr, cette apparente déconstruction ne peut être pleinement assumée qu’avec une mise en scène rigoureuse et un très gros travail dans le jeu. Faut pas croire : bien faire rire, c’est du boulot !
A noter…
« Ah ! » Azimuth De et avec Bernard Azimuth Mise en scène : Patrick Dray Café de la Gare 46 rue du Temple, 75004 Paris Durée : 1h30
Tous les 3èmes lundis de chaque mois jusqu'au 17 mai 2010 Au Café de la Gare à Paris puis en tournée : toutes les dates & les réservations sur Fnac Spectacles
Précédemment... Les lundis 18 mai et 15 juin à 19h au Café de la Gare Au Festival d’Avignon du 8 au 31 juillet à 13h45 Au Théâtre le Cabestan, 11 rue du Collège de la Croix, 84000 Avignon Spectacle : jours pairs "AH!" jours impairs "Des équilibres" Réservations : 04 90 86 11 74
Première publication de cet article : 14/5/2009
Auteur : Franck Bortelle pour CultureCie.com

« Pouchkine » au Tambour Royal : Un goulag théâtral
Seulement homogène dans l’apathie à tous les niveaux, ce spectacle malhonnête dénature la réalité historique sans raison avec un texte pompeux et prétentieux que défend comme elle peut (et c’est peu dire, elle peut peu) une troupe de comédiens complètement hors jeu. Pauvre Pouchkine !






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