



« Marie-Thérèse Barnabé, négresse de France » : un show neg’ plus ultra
C’est un spectacle d’une infinie générosité et bourré de trouvailles que propose cette pétillante comédienne qui n’a pas son pareil pour dynamiter les a priori et faire la chasse aux coincés de la tolérance. Très fédérateur, son stand-up s’inscrit à merveille dans la longue tradition du Café de la Gare.
Le pitch…
Souria est coincée quelque part dans Paris et va arriver à la bourre pour son spectacle. C’est donc sa tante Marie-Thérèse qui va meubler en attendant l’arrivée de la star. Coup de bol : elle a des tas de trucs à nous rire !
La critique de Franck Bortelle…
D’énormes lunettes chaussées sur le nez, une jupe tombant comme elle peut sur son énorme postérieur dont on ne fait pas le tour aussi vite que celui du ridicule tabouret « tout juste suffisant pour une seule fesse » que lui apporte son accessoiriste, Souria Adèle livre pendant une heure et demie un spectacle dans la plus pure tradition du stand up, interpellant régulièrement quelques têtes choisies dans le public pour mieux emporter l’adhésion de la salle entière. L’improvisation s’immisce donc dans ce show punchy, mais juste ce qu’il faut pour mieux pimenter le propos qui, lui, bénéficie d’une écriture très soignée.
Ce spectacle est en effet truffé de répliques irrésistibles, parfois mordantes, issues de l’expérience de Souria dans ce milieu impitoyable. Dégoûtée après un tournage de film où, en une réplique, elle avait à prouver son talent en jouant une femme de ménage dans un hôpital (milieu où « les négresses sont aides soignantes, même pas infirmières »), elle décide d’écrire pour elle. Ainsi est née cette sexagénaire aux 7 maris dont quelques blancs. Habile procédé qui lui permet de prendre du recul (ou de l’avance, c’est selon) pour livrer un état des lieux assez saisissant de cette négritude chère à Césaire.
Ces blancs qui veulent « faire comme »…
Ce mot « nègre » devenu si péjoratif en français, est ici réhabilité jusque dans le titre du spectacle. Habile pirouette où la sémantique est remise à sa place pour mieux rappeler les outrages faits au peuple noir. Ce renversement des situations s’opère aussi, et c’est un des rouages comiques de la pièce, dans les propensions des blancs à vouloir « faire comme » les « gens de couleurs » comme on dit. Dans ce numéros là, Souria s’avère tout simplement géniale.
Avec beaucoup d’aplomb et un public toutes couleurs confondues à sa cause acquise, cette Tante Marie-Thérèse livre un spectacle diablement rafraîchissant qui lorgne, mais sans s’y enfoncer, du côté des poncifs du genre (l’inévitable virilité des mâles noirs). Ce n’est donc pas une pièce de plus sur la « black-attitude ». Ca a le mérite d’être aussi inédit que drôle avec un zeste d’émotion bien légitime. Mais le rire si fédérateur, celui qui fustige toutes les peines, sort grand vainqueur de cet affrontement amical inter-racial, qui propose du Molière en créole et parle de cuisine sur la musique de « Star Wars ». Qui a dit « Noir c’est noir, il n’y a plus d’espoir » ?
A noter…
« Marie-Thérèse Barnabé, Négresse de France » De et avec Souria Adele Durée : 1h20
Au Café de la Gare 41 rue du Temple, 75004 Paris (Métro : Hôtel de Ville) Lundi 1er Juin à 20 heures De 17 à 25€ env. Locations : 01 42 78 52 51 / Fnac Spectacles
Pour dates de tournée : www.myspace.com/negressedefrance
Auteur : Franck Bortelle pour CultureCie.com

« Pouchkine » au Tambour Royal : Un goulag théâtral
Seulement homogène dans l’apathie à tous les niveaux, ce spectacle malhonnête dénature la réalité historique sans raison avec un texte pompeux et prétentieux que défend comme elle peut (et c’est peu dire, elle peut peu) une troupe de comédiens complètement hors jeu. Pauvre Pouchkine !






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